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« Cette initiative est importante, non simplement parce qu’il s’agit d’une cité classée patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, ou encore, parce que c’est un patrimoine d’origine
Portugaise. En vérité, ce n’est pas uniquement de pierres que l’on discute, quand on parle de ce patrimoine, d’origine commune, mais c’est d’un long parcours de l’histoire de l’humanité,
qui est inscrit dans ces murs et qui nous apprend beaucoup sur notre passé comme sur notre avenir ». C’est par cette réflexion, fortement chargée de symboliques, que l’Ambassadeur du
Portugal au Maroc, a lancé les travaux de la journée d’étude, inscrite sous le thème « Cité portugaise, passé et avenir », organisée le jeudi 06 Mars, par le centre du
patrimoine Maroco-lusitanien, et qui a été présidée par le gouverneur de la province d’El Jadida, en présence du secrétaire général du ministère de la culture.
Pour ce diplomate, qui a évoqué avec la même émotion, le riche patrimoine commun, que se partagent Marocains et Portugais, que ce soit à El Jadida, Azemmour, Assilah, Tanger,
Alcacer-ceguer, Safi, Aguz, et Essaouira, l’ancien Mogador, pour lui, le constat est sans équivoque « … malgré les efforts consentis pour la préservation de ce patrimoine immense et
l’existence d’une vraie volonté du gouvernement Marocain de le conserver et le valoriser, il s’avère que la pression urbaine et démographique, en conjugaison avec les éléments physiques
du climat, risquent de porter atteinte à son état de conservation et sa valeur architecturale, ainsi qu’à tout son potentiel de valorisation du point de vue culturel et
touristique ».
Et c’est dans cette optique d’apporter du meilleur pour sauvegarder cette mémoire collective, qu’il a été procédé à la signature d’une convention pour la réhabilitation du centre
historique et culturel de la ville de Safi, au cours de la dernière Haute commission mixte Maroco-Portugaise, tenue à Rabat en Avril 2007 . Cette convention signée entre le ministère
de la culture et la fondation Calouste Gulbenkia, permettra la récupération de la cathédrale portugaise de Safi, dans une opération conjointe et intégrée de mise à niveau de toute la
médina de Safi. Cette fondation portugaise, qui a une vocation de valorisation du patrimoine d’origine portugaise, avait déjà récupéré le Donjon d’Assilah.
Pour ce qui est d’El Jadida, l’Ambassadeur portugais a souligné de même qu’à l’occasion de la dernière haute commission mixte et suite à la proposition du gouverneur de la province d’El
Jadida, pour collaborer dans le plan de sauvegarde de l’église de Nossa Senhora d’Assunçao, un financement conséquent a été trouvé, par le biais du mécénat de deux entreprises
portugaises, la SOMAFEL et l’EFACEC.
Sur un autre registre, il a été question de l’intérêt que représente la communauté scientifique en matière d’inventorisation du patrimoine Marocain, d’origine portugaise. Et c’est
dans cet objectif qu’une délégation de l’Université de Coimbra était présente la semaine dernière à El Jadida pour établir les premiers contacts avec les responsables de l’Université
Chouaïb Doukkali. Et à cette occasion, l’ébauche d’un projet de coopération très ambitieux et complexe a été présenté, pour l’établissement d’un inventaire systématique et scientifique du
patrimoine conjoint Maroco-Portugais.
A noter qu’au cours de cette journée d’étude, d’autres sujets ont été abordés, dont notamment l’intervention de M. Aboulkacem Chebri, directeur du patrimoine Maroco-lusitanien, qui s’est
penché sur la richesse patrimoniale et la conservation architecturale, ou encore M. Farés Mohamed de la division de l’urbanisme qui a traité de la restauration du patrimoine et du
développement intégré.
Dans ce même enchainement d’idées et de débats, le département des études de l’agence urbaine d’El Jadida, représenté par M. Driss Inani, a mis toute l’accent sur la question des textes
législatifs régissant l’intervention dans le tissu urbain du Maroc, ainsi que l’historique des tendances d’urbanisation de ces tissus depuis le temps du protectorat jusqu’à nos jours.
Pour ce qui est des statistiques de la gestion urbaine dans la cité portugaise, il en ressort selon
L’agence urbaine que les chiffres des cinq dernières années démontrent que le mouvement centripète entamé principalement par des étrangers, reste timide en comparaison avec les tissus
anciens de Fès, Marrakech ou même Azemmour. Seuls 17 dossiers de demande de construction ont été traités durant cette période, dont 50% relèvent de la rénovation d’habitations déjà
existantes.
Concernant la question de l’après classement de la cité portugaise en tant que patrimoine universel, L’évidence a été mise sur les efforts déployés par les autorités provinciales, pour
doter ce classement d’assises juridiques à même de permettre la préservation et l’intervention sur cet important héritage patrimonial. Ainsi, le nouveau plan d’aménagement d’El Jadida
concrétise la zone de protection et la zone tampon, autour de la cité portugaise, en tant que servitude opposable au tiers
L’intérêt qu’accorde aujourd’hui l’agence urbaine d’El Jadida, à la cité portugaise relève à la fois de l’ambition et du coup de cœur. Ainsi donc son plan d’action pour 2008, s’est déjà
tracé comme action prioritaire, la requalification urbaine du tissu ancien, dont les travaux seront lancés incessamment. De même qu’en ce qui concerne l’espace extra-muros, une étude de
requalification architecturale et urbanistique du centre d’El Jadida est en cours, regroupant les quartiers Sid Daoui, El Kalâa, Bd Zerktouni, Avenue Hassan II et le centre ville.
Chahid Ahmed
m.ahmedchahid@yahoo.fr
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