André Elbaz
EL JADIDA
ENTRETIEN AVEC LE GRAND ARTISTE MAZAGANAIS ANDRE ELBAZ UN DES
PIONNIERS DE LA PEINTURE MODERNE AU MAROC
Nous faisons partie d’une jeunesse qui ne vous a pas connu et qui n’a pas vécu les liens très intimes qui existaient entre les marocains juifs et musulmans. Ces liens exprimaient une symbiose parfaite entre les deux communautés et étaient un signe de tolérance exemplaire et d’humanisme sans rivage. Malheureusement les soubresauts de l’histoire, ont généré parfois des méfiances malencontreuses surtout à causes des événements du moyen Orient. Cependant notre pays qui est entrain d’édifier une société de droit et qui a choisi la voix de démocratie pour le développement, ne ménage aucun effort pour instaurer l’esprit de tolérance et de convivialité entre les différents choix confessionnels.
Q : Mr André Elbaz, comme tous les grands artistes, vous etes exceptionnel par les facteurs multiples qui ont concouru à l’émergence de votre génie. Vous etes originaire de Mazagan, vous l’avez quitté depuis trente ans. Pouvez-vous vous présenter aux jdidis pour qu’ils puissent mieux vous connaître.
R : je suis né en 1934 à Mazagan. . Nous avons habité à derb El Hajjar . Je suis le 2 ème enfant d’une famille de sept. Je suis le 1er marocain de confession juive à exercer la peinture en professionnel .Mon père était l’un des premiers photographes de la ville d’El Jadida et aussi du Maroc.Il avait un orchestre andalou qu’il dirigeait .Il était également un conteur , violoniste et luthiste.
Q : Quel est le fait marquant qui vous a beaucoup façonné durant la période que vous avez passée à Mazagan ?
R : le fait qui m’a marqué à El Jadida c’était pendant la guerre, J’avais admiré l’extraordinaire courage du feu MohammedV, lorsque les nazis étaient venus lui demander les juifs. Il leur a dit avec bravoure que les juifs sont chez eux. Ils sont comme les musulmans, des citoyens marocains.
Q : Si on vous propose de revenir à El Jadida pour participer à sa restructuration dans le domaine touristique, quelles seraient vos suggestions ?
R ( rire.. .Wkha asidi rhi aarad..) je vous assure que je trouverai un imaginaire absolument extraordinaire, sur cette ville sur laquelle j’aimerai bien travailler pas seulement sur le coté culturel. Je me rappelle la première fois que j’étais retourné à El Jadida que je me disais, il faut qu’on peigne les mures d’El Jadida, Il faut qu’on en fasse un tableau abstrait. C’est l’un de mes plus chers projets pour une ville qui me possède. Quelle fierté et quelle satisfaction j’éprouve lorsque j’utilise le pronom possessif « ma » lorsque je parle Ma ville : El jadida.
Mais lorsque j’étais revenu à El Jadida retrouver notre grande et magnifique maison de mon enfance qui se trouve juste au dessus de la citerne portugaise, quelle fut ma surprise de ne voir de cette maison paternelle, que deux fenêtres qui ne donnent même pas cour comme dans les films de Hitchcock, qui donnent sur le vide devant lequel cela me laisse le vide de la maison vidée et moi je reste avide à vie de venir peindre et faire peindre El Jadida. J’espère que les responsables me restitueront une maison où je pourrais venir. J’ai mes papiers officiels de notre maison détruite. Quelle fierté et quelle satisfaction j’éprouve lorsque j’évoque ma maison, ma ville natale,
Q : Quels jugements portez vous sur la ville d’El Jadida d’aujourd’hui ?
R : des jugements positifs. Par où je passe je suis magnifiquement accueilli. Je sens un attachement aux odeurs et aux couleurs de ma ville d’origine .Lors de mes promenades, je me sens en famille. Je suis très heureux de cette jeunesse jdide qui est venue me rencontrer, cette jeunesse qui aime l’art et les artistes.
Q : il est certain que bon nombre de nos citoyens marocains juifs manifestent le désir de revenir à El Jadida ; soit pour un but touristique, soit pour un but économique. Quelles mesures devraient-on prendre pour leur faciliter la tache ?
R : On doit leur dire qu’ils seraient vraiment chez eux. N’importe où ils sont, ils restent des marocains.
Q : Rappelez vous encore la date de votre premier tableau, et quel a été son sujet ?
R : oui. Oui, le premier tableau c’était le portrait du feu MohammedV.
Q : Les villes d’El Jadida et d’Azemmour sont réputées par l’émergence de beaucoup de peintres. Quels conseils donneriez vous à ses artistes en herbe pour qu’ils s’affichent davantage dans la création artistique ?
R : je leur dirai de peindre, peindre sans avoir peur de son imaginaire .Je leur dira aussi d’avoir le courage de se renouveler et d’être très exigeants avec eux-mêmes.
Q : la région d’El Jadida vient de connaître le décès de Chaibia, grande artiste marocaine. Quels jugements portez vous sur ses œuvres ?
R : je ne peux pas porter un jugement sur Chaabia, mais je peux vous parler un peu de ses débuts : Voilà, Je l’ai rencontrée en 1961 par son fils Hasan Talal. Elle m’a dit que Hasan, son fils a refusé qu’elle peigne. Elle avait un immense désir pour peinture, ce qui m’a poussé à venir souvent chez elle pour l’encourager. Et, j’étais le premier à lui acheter ses premières peintures
Q : L’artiste est parfois inspiré par l’art culinaire. Quels sont les plats qui vous ont marqués durant votre jeunesse à Mazagan ?
R : je citerai, la pastilla, le couscous, bref, tous les plats marocains sont succulents.
Votre dernier mot
Je suis très heureux d’être au Maroc. Je suis ravi de la présence de votre journal qui est venu m’interviewer lors de mon exposition.
Monsieur Elbaz, nous vous remercions de nous avoir accorder cet entretient riche en information, en culture et en sagesse, et nous espérons à travers cette rencontre que vous soyez notre fidèle messager auprès des pays du monde entier.
Entretient réalisé par Aboulkacem aboufariss
Farissnet@yahoo.fr
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André Elbaz livre à Casablanca les secrets de sa thérapie par l'art
L'artiste-peintre André Elbaz donnera le 7 juin (19h) à l'institut français de Casablanca une conférence assez originale sur la thérapie par l'Art. L'art thérapie a ses titres de noblesse et se développe dans de nombreux pays.
Elle utilise des activités de création artistique comme moyen pour exprimer des émotions, des blocages, pour une meilleure connaissance de soi et de ses ressources propres. L'hypothèse qui sous-tend ce type d'approche est que l'inconscient n'est pas seulement une instance de refoulement mais le lieu d'un extraordinaire potentiel créatif et régénérant.
L'objet de cette conférence sera de donner des indications sur l'intérêt d'une telle approche tout en présentant le dispositif picto- théâtral du Pictodrame d'André Elbaz.
Des exemples précis, centrés sur des toiles réalisées, permettront d'imaginer et de débattre également sur le mode d'intervention ainsi que les effets produits, lorsqu'il s'agit d'aborder autrement des difficultés psychiques, relationnelles ou organiques.
Originaire d'El Jadida où il est né en 1934, André Elbaz est un des pionniers de la peinture moderne au Maroc, internationalement reconnu pour son oeuvre picturale mais aussi pour sa réflexion autour de l'art -thérapie. Il est le premier Marocain de confession juive à exercer la peinture en professionnel.
Peintre et thérapeute par l'art, il a conçu le Pictodrame et anime régulièrement des séminaires/ateliers et des suivis individuels. Membre actif des Sociétés Française et Internationale de Psychopathologie de l'Expression et d'Art Thérapie, il intervient dans des colloques en France, en Belgique, en Italie, au Canada et au Japon. Il est titulaire d'un doctorat en psychiatrie soutenu à Bobigny en février 1989 sur le thème ''A la recherche des ombres perdues, le pictodrame et les pratiques dérivées''.
Pour signer son retour artistique au pays après 30 ans d'absence, André Elbaz expose depuis le 15 mai ses oeuvres (peintures et dessins), et ce, à la fois dans quatre lieux différents. Les expositions visibles jusqu'au 30 juin sont ''Les fibres/papiers'' à l'Alliance française d'El Jadida, ''Les villes orientales'' à l'Institut français de Fès, ''Les fresques du Rwanda'' à l'Institut français de Rabat et enfin ''Les urnes et dessins'' à l'Institut français de Casablanca.
MAP - 31/05/2006
Rusibis.com © 02-06-2006
ENTRETIEN AVEC LE GRAND ARTISTE MAZAGANAIS ANDRE ELBAZ UN DES
PIONNIERS DE LA PEINTURE MODERNE AU MAROC
Nous faisons partie d’une jeunesse qui ne vous a pas connu et qui n’a pas vécu les liens très intimes qui existaient entre les marocains juifs et musulmans. Ces liens exprimaient une symbiose parfaite entre les deux communautés et étaient un signe de tolérance exemplaire et d’humanisme sans rivage. Malheureusement les soubresauts de l’histoire, ont généré parfois des méfiances malencontreuses surtout à causes des événements du moyen Orient. Cependant notre pays qui est entrain d’édifier une société de droit et qui a choisi la voix de démocratie pour le développement, ne ménage aucun effort pour instaurer l’esprit de tolérance et de convivialité entre les différents choix confessionnels.
Q : Mr André Elbaz, comme tous les grands artistes, vous etes exceptionnel par les facteurs multiples qui ont concouru à l’émergence de votre génie. Vous etes originaire de Mazagan, vous l’avez quitté depuis trente ans. Pouvez-vous vous présenter aux jdidis pour qu’ils puissent mieux vous connaître.
R : je suis né en 1934 à Mazagan. . Nous avons habité à derb El Hajjar . Je suis le 2 ème enfant d’une famille de sept. Je suis le 1er marocain de confession juive à exercer la peinture en professionnel .Mon père était l’un des premiers photographes de la ville d’El Jadida et aussi du Maroc.Il avait un orchestre andalou qu’il dirigeait .Il était également un conteur , violoniste et luthiste.
Q : Quel est le fait marquant qui vous a beaucoup façonné durant la période que vous avez passée à Mazagan ?
R : le fait qui m’a marqué à El Jadida c’était pendant la guerre, J’avais admiré l’extraordinaire courage du feu MohammedV, lorsque les nazis étaient venus lui demander les juifs. Il leur a dit avec bravoure que les juifs sont chez eux. Ils sont comme les musulmans, des citoyens marocains.
Q : Si on vous propose de revenir à El Jadida pour participer à sa restructuration dans le domaine touristique, quelles seraient vos suggestions ?
R ( rire.. .Wkha asidi rhi aarad..) je vous assure que je trouverai un imaginaire absolument extraordinaire, sur cette ville sur laquelle j’aimerai bien travailler pas seulement sur le coté culturel. Je me rappelle la première fois que j’étais retourné à El Jadida que je me disais, il faut qu’on peigne les mures d’El Jadida, Il faut qu’on en fasse un tableau abstrait. C’est l’un de mes plus chers projets pour une ville qui me possède. Quelle fierté et quelle satisfaction j’éprouve lorsque j’utilise le pronom possessif « ma » lorsque je parle Ma ville : El jadida.
Mais lorsque j’étais revenu à El Jadida retrouver notre grande et magnifique maison de mon enfance qui se trouve juste au dessus de la citerne portugaise, quelle fut ma surprise de ne voir de cette maison paternelle, que deux fenêtres qui ne donnent même pas cour comme dans les films de Hitchcock, qui donnent sur le vide devant lequel cela me laisse le vide de la maison vidée et moi je reste avide à vie de venir peindre et faire peindre El Jadida. J’espère que les responsables me restitueront une maison où je pourrais venir. J’ai mes papiers officiels de notre maison détruite. Quelle fierté et quelle satisfaction j’éprouve lorsque j’évoque ma maison, ma ville natale,
Q : Quels jugements portez vous sur la ville d’El Jadida d’aujourd’hui ?
R : des jugements positifs. Par où je passe je suis magnifiquement accueilli. Je sens un attachement aux odeurs et aux couleurs de ma ville d’origine .Lors de mes promenades, je me sens en famille. Je suis très heureux de cette jeunesse jdide qui est venue me rencontrer, cette jeunesse qui aime l’art et les artistes.
Q : il est certain que bon nombre de nos citoyens marocains juifs manifestent le désir de revenir à El Jadida ; soit pour un but touristique, soit pour un but économique. Quelles mesures devraient-on prendre pour leur faciliter la tache ?
R : On doit leur dire qu’ils seraient vraiment chez eux. N’importe où ils sont, ils restent des marocains.
Q : Rappelez vous encore la date de votre premier tableau, et quel a été son sujet ?
R : oui. Oui, le premier tableau c’était le portrait du feu MohammedV.
Q : Les villes d’El Jadida et d’Azemmour sont réputées par l’émergence de beaucoup de peintres. Quels conseils donneriez vous à ses artistes en herbe pour qu’ils s’affichent davantage dans la création artistique ?
R : je leur dirai de peindre, peindre sans avoir peur de son imaginaire .Je leur dira aussi d’avoir le courage de se renouveler et d’être très exigeants avec eux-mêmes.
Q : la région d’El Jadida vient de connaître le décès de Chaibia, grande artiste marocaine. Quels jugements portez vous sur ses œuvres ?
R : je ne peux pas porter un jugement sur Chaabia, mais je peux vous parler un peu de ses débuts : Voilà, Je l’ai rencontrée en 1961 par son fils Hasan Talal. Elle m’a dit que Hasan, son fils a refusé qu’elle peigne. Elle avait un immense désir pour peinture, ce qui m’a poussé à venir souvent chez elle pour l’encourager. Et, j’étais le premier à lui acheter ses premières peintures
Q : L’artiste est parfois inspiré par l’art culinaire. Quels sont les plats qui vous ont marqués durant votre jeunesse à Mazagan ?
R : je citerai, la pastilla, le couscous, bref, tous les plats marocains sont succulents.
Votre dernier mot
Je suis très heureux d’être au Maroc. Je suis ravi de la présence de votre journal qui est venu m’interviewer lors de mon exposition.
Monsieur Elbaz, nous vous remercions de nous avoir accorder cet entretient riche en information, en culture et en sagesse, et nous espérons à travers cette rencontre que vous soyez notre fidèle messager auprès des pays du monde entier.
Entretient réalisé par Aboulkacem aboufariss
Farissnet@yahoo.fr
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André Elbaz livre à Casablanca les secrets de sa thérapie par l'art
L'artiste-peintre André Elbaz donnera le 7 juin (19h) à l'institut français de Casablanca une conférence assez originale sur la thérapie par l'Art. L'art thérapie a ses titres de noblesse et se développe dans de nombreux pays.
Elle utilise des activités de création artistique comme moyen pour exprimer des émotions, des blocages, pour une meilleure connaissance de soi et de ses ressources propres. L'hypothèse qui sous-tend ce type d'approche est que l'inconscient n'est pas seulement une instance de refoulement mais le lieu d'un extraordinaire potentiel créatif et régénérant.
L'objet de cette conférence sera de donner des indications sur l'intérêt d'une telle approche tout en présentant le dispositif picto- théâtral du Pictodrame d'André Elbaz.
Des exemples précis, centrés sur des toiles réalisées, permettront d'imaginer et de débattre également sur le mode d'intervention ainsi que les effets produits, lorsqu'il s'agit d'aborder autrement des difficultés psychiques, relationnelles ou organiques.
Originaire d'El Jadida où il est né en 1934, André Elbaz est un des pionniers de la peinture moderne au Maroc, internationalement reconnu pour son oeuvre picturale mais aussi pour sa réflexion autour de l'art -thérapie. Il est le premier Marocain de confession juive à exercer la peinture en professionnel.
Peintre et thérapeute par l'art, il a conçu le Pictodrame et anime régulièrement des séminaires/ateliers et des suivis individuels. Membre actif des Sociétés Française et Internationale de Psychopathologie de l'Expression et d'Art Thérapie, il intervient dans des colloques en France, en Belgique, en Italie, au Canada et au Japon. Il est titulaire d'un doctorat en psychiatrie soutenu à Bobigny en février 1989 sur le thème ''A la recherche des ombres perdues, le pictodrame et les pratiques dérivées''.
Pour signer son retour artistique au pays après 30 ans d'absence, André Elbaz expose depuis le 15 mai ses oeuvres (peintures et dessins), et ce, à la fois dans quatre lieux différents. Les expositions visibles jusqu'au 30 juin sont ''Les fibres/papiers'' à l'Alliance française d'El Jadida, ''Les villes orientales'' à l'Institut français de Fès, ''Les fresques du Rwanda'' à l'Institut français de Rabat et enfin ''Les urnes et dessins'' à l'Institut français de Casablanca.
MAP - 31/05/2006
Rusibis.com © 02-06-2006
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