PERSONNALITES MAZAGANAISES: Guelfi/Abou Chouaib Doukkali/Khatibi /André ELBAZ / Abitbol
Dans l’actualité depuis qu’un jugement en appel vient de
le condamner à de la prison ferme, André Guelfi.
La vie de celui qui fut tour à tour pilote de course, armateur de pêche au Maroc, patron d’une firme d’articles de sport puis intermédiaire de haut vol dans le monde des affaires, mériterait
d’être portée à l’écran. Elle reflète une époque où le sport automobile ne représentait pour les hommes qui le pratiquaient qu’un aspect de la vie aventureuse qu’ils avaient décidé de
mener.
Né au Maroc en 1919 d'un père officier de marine et d'une mère qui passait sa vie à chanter devant son piano, André Guelfi est livré à lui-même très tôt. Dès l'âge de dix ans, il conduit la
voiture familiale en interposant des cales et des coussins pour se hisser à une hauteur suffisante; il gagne quelque argent en conduisant les touristes à la plage...
Entré comme garçon de courses dans une banque à 17 ans, il comprend si vite les mécanismes financiers qu'il gagne en quelques mois davantage que son directeur. Grâce au petit magot ainsi
amassé, il s'associe à un oncle armateur de pêche (son surnom de Dédé la sardine vient de là). Il deviendra le plus gros exportateur de poisson du Maroc.
La guerre éclate et Guelfi se retrouve, grâce à ses dons de conduite, chauffeur d'officiers. Il conduira notamment Pierre Guillaumat, futur fondateur d'Elf, lequel donne des coups de baguettes
à son chauffeur qu'il trouve trop fougueux...
Puis Guelfi est muté à sa demande en Indochine, où il fonde un garage. Mais tant le trafic de bouddhas en or que la fréquentation assidue des jolies autochtones, au mépris des coutumes locales,
lui valent des ennuis et il s'enfuit vers la France.
C'est alors qu'il se lance dans la course automobile, au début des années cinquante. Après avoir couru sur Delahaye et Jaguar, il intègre l'équipe Gordini en 1953, grâce à son
amitié avec Juan Manuel Fangio qui court pour le sorcier du boulevard Victor. Il débute cette collaboration par une victoire au Circuit d’Agadir la même année, suivie d’une autre au Circuit de
Marrakech. Basé au Maroc – il y sera champion national en 1955 -, il y pilote les voitures bleues quand elles y sont engagées.
La Gordini 36 S qui sera achetée par Françoise Sagan en mai 1956 lui passe à sept reprises entre les mains. Il fait la connaissance de la romancière, qu’il initie à la conduite
sportive à Montlhéry, et qu’il devait retrouver quarante ans plus tard dans le cadre de l’affaire Elf.
On le voit également aux 24 heures du Mans, notamment en 1957 où, avec Jean Guichet, il conduit la dernière Gordini jamais engagée en compétition.
Il pilote en dilettante des Ferrari, des Porsche et des Mercedes; son fait d'armes est sa
15e place au GP du Maroc F1 en 1958 où il conduit une Cooper. Notre image le montre en compagnie de Ken Tyrrell et d'un certain manager du nom de Gérard Crombac (le monde est un village !).
Le nom de Guelfi apparaîtra sur les programmes de courses jusqu’en 1968, alors qu’il est deuxième à Rabat sur une Porsche 911.
Ses talents éclatant davantage hors de la piste qu'au volant, André Guelfi jette l'éponge mais reste dans le milieu ; c'est ainsi qu'il s’établit en France en 1971 et achète un bar à Paris, rue
Brunel, dans l'immeuble de la revue Sport-Auto, qui deviendra vite un haut-lieu des milieux automobiles parisiens. Très vite son sens des affaires le met à la tête de nombreux
immeubles, aidé par un mariage heureux avec la nièce de Georges Pompidou.
Il quitte la France pour la Suisse en 1975. Puis c’est l’aventure du Coq sportif, qu’il rachète et lui sert de tremplin pour s’introduire dans le milieu de l’olympisme. Son passage y fera des
vagues, telle celle qui porta Juan Antonio Samaranch à la tête du Comité international olympique en 1980, et à laquelle Guelfi ne fut pas étranger.
Considérant les affaires comme autant de voitures à
dépasser à n’importe quel moyen, André Guelfi se fait remarquer dans chacune d’elles. Ainsi est-il impliqué dans le scandale de la raffinerie Leuna, en Allemagne, qui a contribué à la chute
d’Helmut Kohl.
De même Dédé la sardine est-il aperçu louvoyant dans les courants douteux de l’affaire Elf, où il implique son ancienne relation Françoise Sagan en vue de favoriser, grâce à ses entrées auprès
de Mitterrand, des forages pétroliers en Ouzbékistan.
Cette indélicatesse l’envoie en prison (36 jours), le temps d’avoir l’idée d’écrire un bouquin qui justifierait son action. [1]
Il est installé depuis l’an 2000 à Malte, qu’il rallie dans son Falcon 2000. Guelfi est le plus vieux pilote de jet du monde.
André Guelfi
France
Né à Mazagan (Maroc) le 6 mai 1919
Portrait d’André Guelfi © Olivier Roller
GP du Maroc 58 © Sport-Auto
[1] GUELFI (André). – L’original : d'un village marocain aux secrets de l'affaire Elf, le parcours d'un aventurier de la vie. Ed. Robert Laffont, Paris,
1999http://memoiresdestands.hautetfort.com/archive/2005/04/08/andre_guelfi.html
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ABOU CHOUAIB ADDOUKKALI :
Abou Chouaïb Doukkali Ben Abderrahmane Seddiki Doukkali naquit le 20 octobre 1878 dans le
village d'Oulad Amrou Al Gharbia, situé à 30 Kilomètres de la localité d'Al Gharbia, connue auparavant sous le nom de Mechtraya, dans la région des Doukkala. C'est là qu'il fut élevé et reçut
une éducation alliant études et travail des champs. Son premier maître fut son oncle Mohamed Ben Abdelaziz Doukkali; il reçut ensuite les leçons de l'oncle de son père Abderrahmane et, enfin,
de son cousin Tahar Ben Kaddour Al Gharbi Doukkali.
Dans les livres des écrivains les plus réputés de l'époque, il apprit l'écriture et la lecture. Il apprit également le Coran et se perfectionna dans ses sept lectures sous la férule de son
maître Mohamed Ben Lamaachi, ami de la famille Seddiki.
De nombreux historiens rapportent que, dès sa jeunesse, Abou Chouaïb avait de grandes facilités d'apprentissage. Ainsi, en 1891, âgé de treize ans seulement, remporta-t-il un concours
scientifique organisé par
le Palais Royal sur l'ordre de Sa Majesté Moulay Hassan 1er.
Les organisateurs furent surpris, non seulement de sa grande maîtrise du Coran, mais
également de sa parfaite connaissance des règles de la grammaire et de la syntaxe. Le Souverain le convia au Palais, ordonna qu'on le récompensât pour son savoir et le nomma à la célèbre
Université Qaraouiyine, avec appointements mensuels.
Animé de la soif du savoir et du désir de parfaire sa culture, Abou Chouaïb partit pour l'Orient et fut le disciple des grands savants d'Al Azhar, de la Mecque et de Médine.
Ceux-ci le récompensèrent pour son assiduité et ses remarquables aptitudes à l'étude. D'autres sociétés savantes du Yémen, d'Irak et d'Inde lui attribuèrent également des récompenses.
Ses mérites furent tellement appréciés qu'on lui attribua une chaire à l'Université d'Al Azhar, alors qu'il n'avait pas atteint 20 ans. Il fut même invité à prononcer le prêche à la Mecque,
après avoir remporté le premier prix d'un grand concours organisé par Al Azhar.
Lors de son séjour au Hijaz, il établit de nombreux contacts avec les savants et les
dignitaires de cette contrée et noua d'étroites relations avec les princes de ces pays.
En 1907, onze ans après son départ pour l'Orient, Abou Chouaïb retourna au Maroc. Il avait alors 29 ans. Convaincu de la qualité et de l'étendue de son savoir, le Sultan Moulay Abdelhafid le
convia à son Palais, l'entoura de ses bienfaits et le nomma juriste à Marrakech et Président du Conseil scientifique de la ville de Fès. Il l'autorisa également à assurer des cours dans
différentes villes du Royaume, particulièrement Rabat, Fès et Marrakech.
Abou Chouaïb bénéficia des mêmes privilèges sous les règnes de Moulay Youssef et de Mohammed V. En sa qualité d'homme de droit, il fut nommé ministre de la Justice et Président de la Cour
d'Appel de Rabat. Il conserva parallèlement ses fonctions d'enseignant.
Le nom d'Abou Chouaïb Doukkali est lié également à la propagation de la doctrine de la Salafiya dans la pensée marocaine.
L'importance du rôle qu'il a joué est en étroite relation avec sa fonction d'éducateur. Il enseigna en effet le Fikh - en général - et le Hadith et le Tafsir en particulier.
L'objectif de son enseignement fut d'approfondir l'explication du Coran et de la Sounna, qu'il considérait comme la base de tout comportement.
Tenant de la Salafiya, il préconisait de s'appuyer sur la tradition religieuse. Il rejetait ainsi tout ce qui s'écartait de la religion, de même que les agissements, les traditions et coutumes
ne relevant pas de l'Islam et toute action susceptible de lui être préjudiciable.
En l'absence de tout autre moyen de communication, l'enseignement fut pour Abou Chouaïb Doukkali le vecteur privilégié de transmission de ses idées. Ses prêches dans les écoles coraniques, les
mosquées et les zaouias lui fournirent l'occasion de répandre sa doctrine.
L'étendue de ses connaissances, son ouverture sur les autres courants de pensée au Maroc et l'encouragement du Makhzen lui permirent de mener à
bien sa mission de réformateur.
Ses conceptions, défendant un traditionalisme rénové, trouvèrent un grand écho auprès des Marocains de toutes catégories sociales et intellectuelles. Ses disciples l'aidèrent à mener à bien sa
tâche à un moment où le Maroc était sous domination coloniale. Ils édifièrent des institutions d'enseignement moderne, reposant sur la doctrine nouvelle de la Salafiya et prirent part à
diverses actions du mouvement national de libération.
Loin de se limiter à ce domaine politique, l'école d'Abou Chouaïb Doukkali ouvrit de nouveaux horizons à la pensée marocaine, malgré l'atmosphère de stagnation
intellectuelle caractérisant les années 20 de ce siècle.
Ce génie réformateur passa toute sa vie au service de sa patrie. La liberté de son pays fut l'une de ses préoccupations primordiales; il ne cessa de la défendre en toutes occasions.
Pendant la maladie qui devait l'emporter, il fut honoré de la visite que lui rendit feu Sa Majesté Mohammed V. Il s'éteignit à Rabat le 17 juillet 1937 (correspondant à l'année 1356 de
l'Hégire). Il repose dans cette ville, face à Dar Achraf Ouezzan, boulevard Sidi Fath.
BDELKEBIR AL KHATTIBI /http://www.bibliomonde.net/pages/fiche-auteur.php3?id_auteur=59
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Abdelkébir Khatibi
Romancier marocain et sociologue, spécialiste de la littérature maghrébine.
Né à El-Jadida en 1938, Abdelkebir Khatibi a étudié la sociologie à la Sorbonne et soutenu en 1969 la première thèse sur le roman maghrébin. Découvert par Maurice Nadeau, il fait paraître en 1971, son premier roman, La Mémoire tatouée. Il a continué son œuvre en publiant des récits et des romans, de la poésie, du théâtre, de nombreux essais sur les sociétés et l'art islamiques. Abdelkebir Khatibi enseigne la littérature et dirige le Bulletin économique et social du Maroc qui devient en 1987 Signes du présent. Universitaire de renom, il est aujourd’hui un des commentateur les plus en vue de la vie politique marocaine. Sur la Toile Un dossier sur l’auteur (Limag, 1999) Parmi ses œuvres L’alternance et les partis politiques : le bilan, politique et idéologique en quelque sorte, des gouvernements « technocratiques » qui l’ont directement précédé. Vous relevez que l’action technocratique a entraîné une dépolitisation du gouvernement et une montée en force de « l’administration chargée des affaires intérieures » qui s’est substituée à ce type de gouvernement. Comment vous expliquez ce lien, cette action de substitution Du signe à l'image, le Tapis marocain : La plupart des tapis photographiés ont été choisis parmi ceux du musée des Oudayas (Rabat) et du Batha (Fès). Pour chaque tapis, Ali Amahan fournit une fiche technique. La deuxième partie du livre est consacrée à la symbolique : Khatibi propose une analyse. Civilisation marocaine : Une véritable encyclopédie du Maroc. Histoire, mythologie, vie religieuse, langues et dialectes, patrimoine artistique, création contemporaine, arts traditionnels, mode de vie : tous les aspects qui ont façonné, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, le Maroc. Écrit avec Mohamed Sijielmassi, Abdelkabirn Khatibi. Penser le Maghreb (SMER, Rabat, 1993). Un été à Stockholm (Flammarion, 1990) : roman. L'Art calligraphique arabe (Chêne, 1976 - réédition en 1980, réimpréssion en 1996) écrit avec Sijelmassi Figures de l’étranger dans la littérature française (Denoël, 1987). Dédicace à l’année qui vient (Fata Morgana, 1986). Le même livre (Éditions de l’Éclat, 1985) avec J. Hassoun. Amour bilingue (Fata Morgana, Montpellier, 1983) : Un roman d'amour, soit, mais où le personnage principale est la langue. Une langue scindée en deux parts indissociables et antinomiques. La problematique qui consiste à choisir entre le français et l'arabe est ici largement dépassée. Maghreb pluriel (Denoël, 1983). De la mille et troisième nuit (SMER, Rabat, 1980) (Coll. Plaisir de lire, Arrabeta, Casablanca) : roman où la séduction est basée sur le principe « Raconte-moi une histoire ou je te tue »... Un texte délicieux qui nous entraîne sur les sentiers piégés de l'amour. Le Roman maghrébin (SMER, Rabat, 1979) : essai. Le Livre du sang (Gallimard, 1979). Le Prophète voilé (L’Harmattan, 1979). La Lutteur de classe à la manière taoïste (Sinbad,1976). Vomito blanco : Le sionisme et la conscience malheureuse (Collection 10/18, 1974). Écrivains marocains du Protectorat à 1965 (Sinbad, 1974). La Blessure du nom propre (Denoël, Lettres Nouvelles, 1974) : roman. La Mémoire tatouée (Denoël, Lettres Nouvelles, 1971) : roman, une œuvre majeure de la littérature marocaine. |
E-mail : Andre_Elbaz@Hotmail.Com
Titre de l’œuvre : Ville orientale et colombes
tita
Fichiers:
Notre chanteur Gil Bernard (Maurice Abitbol)
Amour de Collégien et autres, qui s'en souvient?
Fichiers:





