kouAssem
| festival de la fauconnerie |
|
|||
![]() Après avoir été la Deauville du Maroc, El Jadida entend en être sa Côte d'Azur : Projet d'un festival International de la Fauconnerie
Les Autorités provinciales d'El Jadida, fortes du succès remporté par la visite du Premier ministre à la Cité
portugaise et par différentes manifestations culturelles organisées ces derniers mois dans les Doukkala, planchent actuellement sur un projet d'organisation d'une manifestation pour le
moins originale, un Festival international de la Fauconnerie.
Il faut dire qu'El Jadida, longtemps ville oubliée, qui a toujours mené une vie paisible et discrète, entend rattraper son retard et veut se mesurer aux grandes métropoles nationales à vocation touristique... Et après tout, pourquoi pas ? Elle veut, en tout cas, s'en donner les moyens. Après avoir été la Deauville du Maroc, elle ambitionne d'en être sa Côte d'Azur. Grâce à sa pugnacité, elle a abouti à faire inscrire la Cité portugaise comme patrimoine mondial, ainsi classé par l'Unesco. Elle est fière de ses peintres qu'elle met toujours à l'honneur au point de leur réserver, entre ses remparts, une galerie qui porte le nom du plus illustre d'entre eux, Chaïbia, décédée récemment. Elle entend peaufiner l'aspect de la citadelle d'Azemmour, qui sera toute voisine du grand complexe touristique d'Haouzia ; elle tient aussi jalousement à une spécialité régionale, unique au Maroc, la fauconnerie, et veut inscrire une visite chez les fauconniers Kouassems dans les circuits touristiques. Car la fauconnerie, ici, est une tradition multiséculaire, qui a toujours été encouragée et protégée par nos souverains et qui, grâce à quelques initiatives privées, est actuellement en pleine renaissance. Ainsi, après l'Association des Douakkala, qui avait drainé, entre les Tazotas, la Casbah de Boulaouane et les fauconniers d'Ouled Frej, un cortège d'une cinquantaine de voitures, Gouverneur de la province et Consule générale de France en tête, l'Association «Les Rangs d'Honneur» que préside le Dr. Noureddine Bennani et qui regroupe un millier d'adhérents parmi les élites du Royaume, a organisé tout récemment, en partenariat avec l'Association des Fauconniers d'Ouled Frej, une action de grande envergue dans les domaines socio-médical, pédagogique et culturel. Le but ultime de l'opération était de mettre en valeur cette tradition et d'attirer l'attention de l'opinion sur les derniers gardiens de la fauconnerie marocaine, quelques paysans kouassems qui détiennent depuis des siècles, ce privilège royal. Une centaine de médecins, (parmi eux d'éminents professeurs de cancérologie, d'ophtalmologie, de pneumologie), d'ingénieurs agronomes (sous la supervision du Colonel Ahmed Boukil, Directeur du centre national d'Azrou), de vétérinaires, ont ausculté ou visité, chacun selon sa spécialité, la région, ses habitants, leurs champs et leurs bestiaux. Ils ont ainsi examiné plus de 800 patients et donné près d'une tonne de médicaments. Les «Rangs d'Honneur» se sont rendus également à la casbah de Boulaouane... Un patrimoine qu'il faut impérativement sauver des déchirures du temps. Des études seraient faites, actuellement, pour tenter de restaurer ce monument qui coiffe, depuis 1710, la superbe vallée de l'Oum-er-R'bia. Le Colonel Boukil envisage de verser dans la rivière quelques milliers de truites et autres poissons d'eau douce, pour diversifier le tourisme rural de la région. Et à la fin de ce séjour médico-social en terre kouassem, une démonstration de chasse au faucon et une fantasia fantastique ont été organisées ainsi que des cadeaux ont été offerts aux fauconniers et à leur famille, dans leur douar même. Jamais ceux-ci n'avaient vu pareille foule, autant d'élus et la présence des plus hautes autorités de la province... Plus d'une centaine de personnes, venues, pour quelques unes d'entre elles, de plusieurs centaines de kilomètres... Michel Amengual, président d'honneur de l'Association des Fauconniers, journaliste français en retraite à Sidi Bouzid, a lancé l'idée d'un festival international de la fauconnerie, projet actuellement soumis aux autorités provinciales qui en examinent la faisabilité. Ce festival s'articulerait autour de trois grands axes : d'abord, des spectacles venus d'ailleurs, (France, Espagne, Belgique,... etc.) mettant en scène toutes sortes de rapaces : faucons, aigles, vautours... ; puis, un séminaire sur la préservation de ces espèces mais également de la fauconnerie dans l'intention de faire de cette tradition un patrimoine culturel mondial ou national. Et enfin, faire venir des chasseurs au vol qui découvriraient ainsi notre pays au travers de leur sport favori. Ce serait, alors, une grande première mondiale... Et pour le Maroc et la belle province d'El Jadida une façon de témoigner que le temps ne peut pas effacer les marques de notre civilisation, qu'elles soient, comme nos citadelles, de prestigieux vestiges des glorieux combats de nos ancêtres contre toute forme d'oppression, ou comme nos fauconniers, qui cultivent aujourd'hui, avec persévérance, l'art d'une tradition pacifique où l'homme et l'oiseau sont en parfaite harmonie avec la nature. Aboulkacem Aboufariss |
||||
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
