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Voyage dans le temps

1 Janvier 2009 , Rédigé par saladin Publié dans #Histoire et socièté

Voyage dans le temps


Invité par le Rotary Club à donner un historique de la "créativité évolutive aprés l'an 2000", M. Abdelaziz Benabdallah, membre de l'Académie du Royaume du Maroc et des Académies Arabes, a présenté un exposé des plus exhaustifs et des plus brillants dont voici quelques extraits:

I- Introduction:

"On ne peut guère sauter de plein pied vers la période de l'avènement de l'islam au Maroc, sans passer par la ligne de parcours et le processus d'afflux démographique qui marquèrent la préhistoire. L'homme maghrébin, qualifié d'Atlanthrope (parce que ses fossiles ont été découverts, d'abord en Atlas), aurait vu le jour, il y a une centaine de milliers d'années. Des spécimens ont été trouvés à Sidi Abderrahman, carrière près d'Aïn Diab, à Casablanca, ressemblant à ceux repérés à Qbibât, près de Rabat.
Une cinquantaine de milliers d'années, plus tard, c'est à dire 50.000 ans avant l'ère chrétienne, l'homme européen du Neandertal, est représenté partiellement au Maroc par l’homme fossilisé de Safi, découvert en 1962 à Jabal Rhoud et celui de Fès, en 1985. L’homme de Tit Mellil, de Dar Soltane et de Tafoughalet s’assortit à l’homme capsien oriental, et à un frère saharien, en quête d’eau et du pâturage, par suite du desséchement du désert. Un métissage se cristallisa, alors, sous le nom d’Amazigh, c’est à dire hommes libres. L’étude des fossiles crâniens retrouvés au Yémen décèle une forte similitude avec les spécimens maghrébins. Ce calcul astronomique de l’émergence de l’homme sur la Terre, n’a été avancé qu’a partir de la théorie évolutionniste de Darwin, en 1858. Cette doctrine révolutionnaire a suscité, entre paléontologues et géologues, une forte controverse qui dépasse notre ressort d’historien. Néanmoins, les statistiques modernes sur l’age de l’homme deviennent exubérantes. Les dimensions temps, accordées à ces fossiles sont vertigineuses. Aux 300.000 ans, retenus comme date des crânes fossilisés retrouvés à l'Equateur, viennent s'ajouter d'autres spécimens, remontant à un million d'années pour le Tchad et à quelques cinq millions pour le Kenya. Le carbone quatorze aurait eu un rôle décisif, dans la fixation des maxima et des minima temporels. Or, il s'est avéré que l'efficience mensurable de ce carbone - mesure ne saurait excéder un laps de temps défini. Le savant pakistanais Kauzar Niazi a cité, dans son ouvrage "Creation of Man", (p. 6) le professeur Carleton, autour d'une étude célèbre "The History of Man", (p. 24) qui avance, avec assurance, que le Monde a été créé, sept mille ans avant l'ère chrétienne, H.G. Wells affirme, dans son traité intitulé "The Outline of History", qu'on peut remonter jusqu'à douze à vingt mille ans, au maximum. Mais, quelle que fut la date de naissance de l'homme maghrébin, son histoire n'a commencé à se préciser qu'avec l'avènement des Phéniciens qui avaient implanté sur la cote méditerranéenne, dés l’an 1101 av. J.C., Leptis Magna en Libye, Utique en Tunisie, pour sauter, la même année, vers le littoral atlantique, où ils édifièrent Lixus, prés de Larache, Hannon, navigateur Carthaginois explora au V ème ou VI ème siècle avant J.C. les côtes d’Afrique occidentale. Anfa fut l’un des comptoirs, avec Safi, appelé Accra ainsi que la capitale de Ghana, par les Phéniciens. Déjà, la défaite des Carthaginois, en l’an 146 av. J.C. permit la création de la province romaine d’Afrique. Mais, des siècles obscurs couvrent d’ombre une longue période, jusqu’au deuxième siècle, après l’avènement de l’Islam, c’est à dire le VIII éme où les historiens commencent à en parler. Marnol considérait Anfa comme le meilleur site sur la côte Atlantique, avec un arrière-pays des plus riches où émergeaient la Chaouia et Tadla. Son marché, d'une potentialité, déjà bien marquée, grâce à ses produits céréaliers et à son cheptel dont les laines attiraient les gros marchands avant les Mérinides. Ibn El Khatib, le Cordouan, nous en a dépeint les signes d'opulence, matérielle et intellectuelle, dans son "Mi'iâr" (p. 75).
Ce grand forum, aux débouchés économiques naissants, était doublé d'un essor urbanistique cristallisé, entre autres, selon Léon l’Africain, par ses palais entourés de parcs, ses mosquées et ses grands magasins et entrepôts.
L'historien Frédéric Paul affirme, dans (Catholic Digest Rev), Août 1961), preuves à l'appui, que des Marocains avaient émigré, à travers l'Atlantique vers la terre ferme devenue l'Amérique, à un point de la Côte Island Sand; et ce au VIII ème siècle de l'ère chrétienne, c'est à dire un millier d'années avant Christophe Colomb.
Cette date coïncide avec l'apparition des Berghouata, à partir de l'an (122 h /739 ap. J.C.) et leur emprise sur la Côte Atlantique où Anfa (1), devenue, dès lors, un chef-lieu économique de Tamesna (2). La revue "NewsWeek" (Avril 1960), parle de l'émigration de marins, à partir d'Anfa, en l'an (494 h /1100 Ap. J.C.), soit près de quatre siècles avant Christophe Colomb.

II- Un pan de l'histoire

Le grand philosophe Cordouan Ibn Roshd (d. en 1199 ap. J.C.), attaché à la Cour Almohade de Marrakech, était, selon un écrit posthume de Christophe Colomb (3), le premier historien ayant parlé, dans son Colliget (version latine), d'une terre nouvelle outre-atlantique.
Christophe Colomb affirme avoir vu, en 1493, dans la zone appelée aujourd'hui (Guadeloupe), les vestiges d'un voilier qui en avait atteint la côte (Anjlo, l'Amérique avant Colomb, Paris 1928). Vers (1374 ap. J.C. /776 h), Anfa, à laquelle s'attacha la Chawiya, s'affirma comme chef-lieu de Tamesna, avec son célèbre Cadi Abou Bekr Ibn Othman el Mesrati dont le ressort juridictionnel atteignait Al Kasr El Kébir (Al-l lam, El Marrakchi, T. 6 P. 473, 1ère éd.). Ce fut, aussi, une cité impériale, sous les Mérinides où se réfugiaient les vizirs wattassides, tels Ali Ben Youssef, vizir du dernier Mérinide le Sultan Abdel Haqq (d.1458/863 h.) (4), Ibn Redouane, secrétaire du mérinide Abou Inan (1332 / 733 h.) et Ibn Zarrouq de Larache (1361 ap. J.C. /763 h.).
La cité Anfa s'est glorifiée, aussi, par ses éminents Uléma tels le cadi Imran Benmoussa El Hawwa (décédé en 1250 après J.C / 648 h (5) ainsi qu'Ibn Osfour, Ali Ben Hussein de Séville (décédé en 1271 après J.C / 669 h), le maître incontesté des nouhad grammairiens) de tout le Monde Arabe (6), qui avait habité, auparavant Marrakech et Tunis.
Anfa exportait, alors, son fer à Fès, pourvu déjà, depuis l'Almohade El Mansour Yakoub, d'ateliers artisanaux dont une douzaine travaillait le fer et le cuivre, à côté de onze fabriques de verre et de quatre cents meules, ou fabriques de papier. Cet essor économique d’Anfa a nécessité, pour le Makhzen mérinide, la désignation d'un premier percepteur fiscal, Ibn Abbou (de la famille des Beni Tourjoumân) auquel rendit hommage l'éminent poète andalou Ibn Abbou (de la famille des Béni Tourjoumâne) auquel rendit hommage l'éminent poète andalou Ibn El Khatib (El l'lam, El Marrakchi T. 4 P. 5, 1ère édition). L'intervention portugaise, dans la région, encouragée par les tiraillements entre Mérinides et Saadiens, entama cette expansion économique de Tamesna. Les cultivateurs, transformés en combattants, détenteurs de leurs terres, libérèrent Anfa, dans un premier saut, pour capituler devant l'envahisseur, qui immobilisa une expédition de deux mille soldats, commandée par Don Fernando. Les habitants entreprirent, alors, la destruction des remparts et ne quittèrent leur cité, qu'après l'avoir brûlée; en 1472 ap. J.C., Alphonse V, désigna son frère à la tête de Tamesma; Chawiya fut ainsi envahie en (1487 ap. J.C. /893 h), grâce à la trahison d'un Wattasside, Youssef Ben Zeyyan, connu dans les archives portugaises, sous le nom de Moly Belagegi, qui devint gouverneur de la Chaouia occupée.
Revenus en force à Anfa, en (1505 ap. J.C / 921 h.), les Portugais y demeurèrent, selon Manuel, jusqu'à l'avènement du Sultan Moulay Abdallah Ben Moulay Ismail (Al-lstiqça T. 2 p. 172). Le nom d'Anfa se transforma en Dar El Beida, sous le règne de Mohamed Ben Abdellah, en (1204 h. / 1789 ap. J.C.).
Les Portugais, vaincus à Ouadi El Makhazine (Bataille des Trois Rois), avaient, déjà évacué la région, en (1585 ap. J.C. / 993 h.), sept ans, après cette victoire des Saadiens à El Ksar El Kébir (1578 ap. J.C.).
La mainmise des Anglais, sur les rouages économiques de la région, suite au départ des Portugais, fut débloquée par Mohammed III qui édifia, les ports d'El Jadida (Mazagan) libérée et de Mogador, mettant, ainsi, fin à la contrebande anglaise. Les vestiges d'Anfa devinrent, alors, le refuge des bédouins de toute la Chawya; les navires de passage s'approvisionnaient en eau, dans cette Casablanca, qui tire son nom des quelques chaumières blanchies au calcaire.

REFERENCES:

  1. Dite romaine, selon Leon l'Africain ou Phénicienne, d'aprés Marmol.
  2. Decastries, les sources inédites de l'histoire du Maroc T1. P. 468, T.2. p.250 et T. 3 p. 366
  3. Cité par E. Renan dans son ouvrage "Averroés et l'Averroisrne"
  4. Dorrat El Hijal, r. 2 p. 443 / El Jadhwa p. 292
  5. Originaire de Malaga
  6. fawat El watayat T. 2 p. 93/ Soghiat El Ouat de Souyou-th p. 357/Chadharat Ed-dhahab T. 5 p. 3~0 / SHJ'Es-Sib p
  7. http://abdelazizbenabdallah.org/articles_Voyage_temps.html
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