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Le blog de:  azizsalaheddine@hotmail.com

Les évènements du samedi 20 AOUT 1955 à MAZAGAN (suite2)

6 Janvier 2009 , Rédigé par saladin Publié dans #Histoire et socièté

De : Surnom MSNdavid_1945 Envoyé : 13/09/2006 11:08
suite:
 Naeim Giladi en 1947
Tandis que j'étais assis là, dans ma cellule, ignorant qu'une sentence de mort serait bientôt prononcée contre moi, je ne pouvais trouver aucune doléance personnelle ou que des membres de ma famille auraient pu faire à l'encontre du gouvernement ou de la majorité musulmane. Notre famille était bien traitée et elle prospérait, d'abord comme fermiers avec environ 25 000 hectares consacrés au riz, aux dattes et aux chevaux arabes. Puis, avec les Ottomans, nous avons acheté et raffiné de l'or qui était acheminé vers Istanbul et transformé en monnaie. Les Turcs ont été en fait responsables du changement de notre nom pour qu'il reflète notre métier -- nous sommes devenus les Khalaschi, signifiant les « fabricants de pur ».

Je n'ai pas donné volontairement à mon père l'information de mon ralliement au réseau clandestin sioniste. Il l'a découvert plusieurs mois avant que je sois arrêté quand il m'a vu écrire en hébreu en utilisant des mots et des expressions qui lui étaient peu familiers. Il a été bien plus étonné d'apprendre que, oui, j'avais décidé de déménager moi-même bientôt en Israël. Il a été méprisant. « Tu reviendra avec la queue entre les jambes », a-t-il prédit.

Environ 125.000 juifs sont partis d'Iraq pour Israël vers la fin des années 40 et en 1952, la plupart parce qu'on leur avait menti et qu'ils étaient paniqués des bombes dont j'ai appris qu'elles étaient sionistes. Mais ma mère et mon père étaient parmi les 6 000 qui ne sont pas partis en Israël. Bien que physiquement je ne sois jamais retourné en Iraq - les ponts ont été coupés - mon cœur y a voyagé souvent, souvent. Mon père avait raison.

J'ai été emprisonné au camp militaire d'Abou-Ghraib, à environ 11 kilomètres de Bagdad. Quand la cour militaire a prononcé ma sentence de mort par pendaison, je n'avais rien à perdre en tentant l'évasion que j'avais projetée durant de nombreux mois.
 C'était une recette étrange pour une évasion : Un petit morceau de beurre, une peau d'orange, et quelques vêtements de l'armée, qu'à un ami j'avais demandé d'acheter pour moi dans un marché aux puces. J'ai mangé délibérément autant de pain que je le pouvais pour grossir en prévision du jour où j'aurai mes 18 ans, quand ils pourraient m'inculper cérémonieusement d'un crime et m'attacher à la cheville le boulet de 50 livres et la chaîne qui étaient la norme pour les prisonniers.

Plus tard, quand mes jambes ont été enchaînées, j'ai été mis sous un régime draconien qui me laissait souvent amorphe. La noix de beurre était destinée lubrifier ma jambe en vue de la dégager de l'anneau métallique. J'ai subrepticement collé la peau d'orange dans la serrure la nuit prévue pour mon évasion, ayant étudié la façon de la placer pour empêcher la fermeture de la serrure.

Une fois les geôliers partis après avoir fermé les portes des cellules, j'ai mis le vieil uniforme qui ne pouvaient être distinguées de celui qu'ils portaient - un long manteau vert et un bonnet de laine baissé jusqu'au nez (c'était l'hiver). Ensuite, j'ai simplement ouvert tranquillement la porte et rejoint le groupe des soldats en partance pendant qu'ils marchaient à grands pas le long du hall et à l'extérieur, et j'ai lancé un « bonne nuit » au poste de garde au moment où je partais. Un ami avec une voiture attendait pour m'emmener loin.
 David Ben Gourion proclame l'État d'Israël le 15 mai 1948
Plus tard j'ai fait mon chemin dans le nouvel État d'Israël, y arrivant en mai 1950. Mon passeport portait mon nom en arabe et en anglais, mais l'anglais ne pouvait pas rendre le son « kh », alors mon nom a été tout simplement rendu par Klaski. À la frontière, les gens de l'immigration ont appliqué la version anglaise mise à la sauce ashkénaze. D'une certaine manière, cette « erreur » fut la clef qui me permit très vite de découvrir comment fonctionnait le système de castes israélien.

Ils m'ont demandé où je voulais aller et ce que je voulais faire. J'étais fils de fermier ; je connaissais tous les problèmes de la ferme, alors je me suis engagé comme volontaire pour aller à Dafnah, un kibboutz agricole en haute Galilée. J'y suis resté seulement quelques semaines. Pour tout, le pire était donné aux nouveaux immigrés. La nourriture était la même, mais c'était la seule chose que tous avaient en commun. Pour les immigrés, les mauvaises cigarettes, et même la mauvaise pâte dentifrice. Tout. Je suis parti.

Ensuite, à travers l'Agence Juive, on m'a conseillé d'aller à Al Majdal (plus tard rebaptisée Ashkelon), une ville arabe à environ 14 kilomètres de Gaza, très près de la Méditerranée. Le gouvernement israélien avait prévu de la transformer en ville agricole, ainsi mon expérience à la ferme y serait un atout.

Quand je me suis présenté à l'Office du Travail de Al Majdal, ils ont vu que je pouvais lire et écrire en arabe et en hébreu, et ils ont dit que je pourrais trouver un travail bien payé au bureau du gouverneur militaire. Les Arabes étaient sous l'autorité de ces gouverneurs militaires israéliens. Un employé m'a remis un tas de formulaires en arabe et en hébreu. J'ai commencé à comprendre à ce moment. Avant qu'Israël puisse établir sa ville agricole, il devait débarrasser Al Majdal de ses Palestiniens indigènes. Les formulaires étaient des pétitions aux Inspecteurs des Nations Unies, demandant le transfert [des palestiniens] hors d'Israël vers Gaza, qui était sous contrôle égyptien
'ai relu la pétition. En signant, le Palestinien déclarait être sain d'esprit et de corps et faire la demande de transfert sans pression ni contrainte. Bien sûr, il n'y avait aucune raison qu'ils partent sans y être obligés. Ces familles étaient là depuis des centaines d'années, comme fermiers, artisans rustiques, tisserands. Le gouverneur militaire les a empêché de poursuivre leur vie, précisément en les parquant jusqu'à ce qu'ils perdent l'espoir de reprendre leur vie normale. C'est alors qu'ils ont signé pour partir.

J'étais là et j'ai entendu leur plainte. « Nos cœurs sont dans la souffrance quand nous regardons les orangers que nous avons plantés avec nos propres mains. S'il vous plaît, laissez-nous partir, laissez-nous donner de l'eau à ces arbres. Dieu ne sera pas satisfait de nous si nous laissons ses arbres sans soins ». J'ai demandé au gouverneur militaire de leur porter secours, mais il a dit, « Non, nous voulons qu'ils partent ».

Je ne pouvais pas plus longtemps participer à cette oppression et je suis parti. Ces Palestiniens qui ne se portaient pas volontaires pour ces transferts étaient emmenés de force - jetés dans des camions et déchargés à Gaza. Environ quatre mille personnes ont été obligées d'une manière ou d'une autre de quitter Al Majdal. Les rares qui sont restés étaient des collaborateurs des autorités israéliennes.

Plus tard, j'ai écrit des lettres pour obtenir un travail ailleurs au gouvernement et j'ai obtenu immédiatement de nombreuses réponses me demandant de venir pour un entretien. Puis ils découvraient que mon visage n'était pas assorti à mon nom polonais / ashkénaze. Ils demandaient si je parlais yiddish ou polonais, et quand je disais ne pas le faire, ils demandaient d'où me venait mon nom polonais. Désespéré d'obtenir un bon travail, je disais habituellement penser que mon grand-père était de Pologne. Je me suis maintes et maintes fois entendu dire : « Nous vous rappellerons ».
 Par la suite, trois à quatre ans après mon arrivée en Israël, j'ai changé mon nom en Giladi, qui était proche de mon nom de code, Gilad, que je portais dans le réseau clandestin sioniste. Klaski ne m'allait pas bien de toute façon, et mes amis orientaux me réprimandaient toujours au sujet du nom qu'ils savaient ne pas convenir à mes origines de juif Iraquien.

J'étais désillusionné par ce que j'ai trouvé en Terre Promise, désillusionné personnellement, désillusionné par le racisme institutionnalisé, désillusionné par ce que j'ai commencé à apprendre sur les cruautés du sionisme. Le principal intérêt d'Israël pour les juifs des pays musulmans venait de ce qu'ils constituaient une main d'œuvre bon marché, particulièrement pour le travail de ferme qui était indigne des juifs de l'Est européen. Ben Gourion avait besoin des juifs « orientaux » (i.e. arabes, NDT) pour cultiver les milliers d'acres de terre abandonnés par les Palestiniens qui ont été chassés par les forces israéliennes en 1948 [2].

Et j'ai commencé à découvrir les méthodes barbares employées pour débarrasser l'État naissant d'autant de Palestiniens que possible. Le monde recule aujourd'hui d'horreur à l'idée de la guerre bactériologique, mais Israël a été probablement le premier à l'employer réellement au Moyen-Orient. Durant la guerre de 1948, les forces juives ont vidé les villages arabes de leur population, souvent par des menaces, parfois en abattant simplement une demi-douzaine d'Arabes désarmés comme exemple pour les autres. Pour s'assurer que les Arabes ne puissent revenir vivre dans ces villages, les Israéliens ont mis des bactéries de typhus et de dysenterie dans l'eau des puits.

Uri Mileshtin, un historien officiel la Force de Défense Israélienne, a écrit et parlé de l'utilisation d'agents bactériologiques [3]. Selon Mileshtin, Moshe Dayan, alors commandant de division, a donné des ordres en 1948 pour enlever les Arabes de leurs villages, pour aplanir au bulldozer leurs maisons, et pour rendre l'eau des puits inutilisables avec des bactéries de typhus et de dysenterie.
 Acre était ainsi située qu'elle pouvait pratiquement se défendre avec une seule grosse pièce d'artillerie, alors la Haganah a mis des bactéries dans la source qui alimentait la ville. La source s'appelait Capri et elle courait au nord près d'un kibboutz. La Haganah a mis des bactéries de typhus dans l'eau allant à Acre, les gens sont tombés malades, et les forces juives ont occupé Acre. Cela a marché si bien qu'ils ont envoyé une équipe de la Haganah habillée en Arabes à Gaza, où il y avait des forces égyptiennes, et les Égyptiens les ont attrapés vidant deux bidons de bactéries de typhus et de dysenterie, dans les réservoirs d'eau sans motif et au mépris le plus éhonté de la population civile. « En guerre, il n'y a aucun sentiment », déclara l'un des hommes de la Haganah arrêté.

Mon activisme en Israël a commencé peu de temps après la réception d'une lettre du Parti Socialiste / Sioniste me demandant un coup de main pour leur journal en arabe. Quand je suis venu à leurs bureaux à la centrale de Tel-Aviv, j'ai essayé de me renseigner pour savoir à qui je devais m'adresser. J'ai montré la lettre à un couple,qui sans même la regarder, m'ont fait un geste de loin en disant : « Pièce N° 8 ». Quand j'ai vu qu'ils n'avaient même pas lu la lettre, je me suis renseigné auprès de plusieurs autres. Mais la réponse était identique, « Pièce N° 8 », sans un regard au papier que je mettais devant eux.

Alors je suis allé dans la pièce 8 et j'ai vu que c'était la section des Juifs des pays musulmans. J'étais dégoûté et en colère. Soit je suis membre du parti, soit je ne le suis pas. Ai-je une idéologie ou une politique différente parce que je suis juif arabe ? C'est de la ségrégation, pensais-je, exactement comme une section des nègres. J'ai tourné les talons et je suis sorti. C'était le début de mes protestations publiques. Quand la même année j'ai organisé une manifestation à Ashkelon contre la politique raciste de Ben Gourion, 10.000 personnes y ont participé.
a suivre
Il n'y avait pas beaucoup d'opportunités pour ceux d'entre nous qui étions citoyens de deuxième classe pour faire grand'chose à ce sujet alors qu'Israël était en état de guerre contre ses ennemis extérieurs. Après la guerre de 1967, j'étais moi-même dans l'armée et je servais au Sinaï quand les combats se poursuivaient le long du Canal de Suez. Mais le cessez-le-feu avec l'Égypte en 1970 nous donna une ouverture. Nous avons pris la rue en nous organisant politiquement pour exiger l'égalité des droits. Si c'est notre pays, si on compte sur nous pour que nous risquions nos vies dans une guerre de frontière, alors nous comptons sur une égalité de traitement.

Nous avons mené la lutte avec tellement de ténacité et avons reçu tant de publicité que le gouvernement israélien a tenté de discréditer notre mouvement en nous appelant les « Panthères Noires d'Israël ». Ils pensaient en termes racistes, vraiment, en supposant que le public israélien rejeteraient une organisation dont l'idéologie était comparable à celle des noirs radicaux US. Mais nous avons vu que ce que nous faisions n'était pas différent du combat des Noirs aux USA, contre la ségrégation, la discrimination et le traitement inégal. Plutôt que rejeter l'étiquette, nous l'avons adoptée fièrement. J'avais des affiches de Martin Luther King, de Malcolm X, de Nelson Mandela et d'autres militants de droits civiques placardées partout dans mon bureau.

Avec l'invasion israélienne du Liban et les massacres de Sabra et de Chatila - parrainés par Israël -, j'en avais assez d'Israël. Je suis devenu citoyen US et me suis assuré de l'annulation de ma nationalité israélienne. Je n'aurais jamais pu écrire et publier mon livre en Israël, pas avec la censure qu'ils imposaient.

Même en Amérique, j'ai eu de grandes difficultés pour trouver un éditeur parce que beaucoup sont sujets à des pressions d'un genre ou d'un autre de la part d'Israël et de ses amis. En fin de compte, j'ai payé 60.000 dollars de ma propre poche pour publier Ben Gurion's Scandals : How the Haganah & the Mossad Eliminated Jews (Les scandales de Ben Gourion : Comment la Haganah et le Mossad ont éliminé des juifs), pratiquement le montant entier de la vente de ma maison en Israël.

Je craignais toujours que l'imprimeur se défile ou qu'une procédure judiciaire soit lancée pour arrêter sa publication, comme le gouvernement israélien en avait fait la tentative pour empêcher l'ancien officier du Mossad Victor Ostrovsky de publier son premier livre [4]. Ben Gurion's Scandals devait être traduits en anglais à partir de deux langues. J'ai écrit en hébreu quand j'étais en Israël et que j'espérais y publier le livre, et j'ai écrit en arabe quand j'ai achevé le livre après ma venue aux USA. Mais j'étais aussi inquiet que quelque chose arrête la publication et j'ai dit à l'imprimeur de ne pas attendre les traductions entièrement vérifiées et de ne pas corriger les épreuves. Maintenant je me rends compte que la publicité d'une plainte en justice aurait juste créé une controverse et donc un intérêt pour le livre.

J'entrepose dans un coffre-fort de banque les documents précieux qui étaient ce que j'ai écrit. Ces documents, y compris quelques-uns que j'ai illégalement copiés des archives de Yad Vashem, confirment ce que j'ai vu moi-même, ce qui m'a été dit par d'autres témoins, et ce que des historiens réputés et d'autres ont écrit sur les attentats sionistes à la bombe en Iraq, les ouverture de paix arabes qui ont été repoussées, et les incidents violents et mortels infligées par des juifs aux juifs pour la cause de la création d'Israël.


L'émeute de 1941

Si, comme je l'ai dit, ma famille en Iraq n'était pas personnellement persécutée, et je que n'ai connu aucune privation en tant que membre de la minorité juive, qu'est-ce qui m'a amené à marcher vers la potence en tant que membre du réseau clandestin sioniste ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire d'établir le contexte du massacre qui s'est produit à Bagdad le 1er juin 1941, quand plusieurs centaines de juifs Iraquiens ont été tués dans des émeutes impliquant des officiers subalternes de l'armée Iraquienne. J'avais 12 ans et beaucoup des tués étaient mes amis. J'étais en colère et très confus. Ce que je ne savais pas alors, c'est que les émeutes étaient très probablement fomentées par les Britanniques, de connivence avec une direction Iraquienne pro-britannique.

Avec la chute de l'Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, l'Iraq tomba sous la « tutelle britannique ». L'Émir Fayçal, fils du Chérif Hussein qui avait mené la révolte arabe contre le sultan ottoman, a été amené de la Mecque par les Anglais pour devenir roi d'Iraq en 1921. Beaucoup de juifs ont été nommés aux principaux postes administratifs, y compris celui de ministre de l'Économie. La Grande-Bretagne a conservé l'autorité décisive sur les affaires interieures et étrangères. Toutefois, l'attitude prosioniste de la Grande-Bretagne en Palestine a provoqué un retour de bâton antisioniste croissant en Iraq, comme dans tous les pays arabes. Sir Francis Humphreys, l'ambassadeur de Grande-Bretagne à Bagdad, écrivait fin 1934 que, tandis qu'avant la Première Guerre mondiale les juifs Iraquiens occupaient une position plus favorable que toute autre minorité dans le pays, depuis lors le « sionisme a semé la dissension entre juifs et arabes, et une amertume inexistante auparavant a grandi entre les deux peuples. »

Le Roi Fayçal est mort en 1933. Son successeur a été son fils Ghazi, qui est mort dans un accident d'automobile en 1939. La couronne est alors passée au fils de Ghazi âgé de 4 ans, Fayçal II, dont l'oncle, Abd Al Ilah, a été nommé régent. Abd Al Ilah a choisi Nouri El Saïd comme Premier ministre. El Saïd soutenait les Britanniques et, comme la haine pour les Anglais se développait, il a été chassé de son poste en mars 1940 par quatre officiers supérieurs de l'armée qui prônaient l'indépendance de l'Iraq vis-à-vis de la Grande-Bretagne. S'appelant eux-mêmes le Golden Square (Carré d'or), les officiers ont contraint le régent à nommer premier ministre Rashid Ali Al Kilani, le dirigeant du parti de la Fraternité nationale. C'était en 1940 et la Grande-Bretagne titubait sous la forte offensive allemande. Al Kilani et le Golden Square ont vu là l'occasion de se débarrasser une fois pour toutes du joug britannique. Ils ont commencé à négocier prudemment le soutien allemand, ce qui a amené Abd Al Ilah, le régent pro-britannique, à révoquer Al Kilani en janvier 1941. Toutefois, les officiers du Golden Square ont rétabli le Premier ministre en avril.





Bassorah en 1941
Cela a poussé les Britanniques à envoyer une force militaire à Bassorah le 12 avril 1941. Bassorah, la seconde ville d'Iraq, avait une population de 30 000 juifs. La plupart de ces juifs vivaient d'import-export, de change, de vente au détail, comme ouvriers dans les aéroports, aux chemins de fer, et dans les ports, ou comme cadres administratifs.

Le même jour, le 12 avril, des partisans du régent pro-britannique ont informé les dirigeants juifs que le régent voulait les rencontrer. Comme c'était la coutume, les dirigeants ont apporté des fleurs au régent. Contrairement à la coutume, cependant, les voitures qui les ont conduits sur le lieu de réunion les ont débarqué près de l'endroit où étaient massés les soldats britanniques.

Des photographies des juifs sont apparues dans les journaux du jour suivant avec en manchette « Les juifs de Bassorah reçoivent les troupes britanniques avec des fleurs ». Ce même jour, le 13 avril, des groupes de jeunes Arabes en colère ont entrepris de se venger des juifs. Plusieurs notables musulmans de Bassorah qui avaient entendu parler du projet ont calmé les choses. On a appris plus tard que le régent n'était pas du tout à Bassorah et que l'affaire était une provocation des partisans pro-britanniques pour déclencher une guerre ethnique afin de donner à l'armée britannique un prétexte pour intervenir.

Les Britanniques ont continué à débarquer plus de forces dans et autour de Bassorah. Le 7 mai 1941, leur unité de Gurkhas, composée de soldats de ce groupe ethnique indien indien, a occupé le quartier El Oshar de Bassorah, un quartier avec une forte population juive. Les soldats, menés par des officiers britanniques, ont commencé le pillage. De nombreux magasins de la zone commerciale ont été pillés. Des maisons privées ont été fracturées. Des cas de tentative de viol ont été rapportés. Les riverains, juifs et musulmans, ont réagi avec des pistolets et de vieux fusils, mais leurs balles ne pouvaient pas rivaliser avec les mitraillettes des soldats.

Ensuite, on a appris que les soldats agissaient avec l'assentiment, sinon la bénédiction, de leurs commandants britanniques. (On devrait se rappeler que les soldats indiens, particulièrement ceux de l'unité Gurkha, étaient connus pour leur discipline, et il est hautement improbable ils aient agi aussi violemment sans ordres.) Le but britannique était évidemment de créer le chaos et de noircir l'image du régime nationaliste de Bagdad, donnant de ce fait aux forces britanniques le prétexte pour foncer sur la capitale et renverser le gouvernement Al -Kilani.

Bagdad tomba le 30 mai. Al Kilani s'enfuit en Iran, avec les officiers du Golden Square. Les stations radio tenues par les Britanniques ont signalé que le régent Abd Al Ilah reviendrait dans la ville et que des milliers de juifs et d'autres projetaient de l'accueillir. Cependant, ce qui a enflammé les jeunes Iraquiens contre les juifs par dessus tout, a été le speaker Yunas Bahri de la station de radio allemande « Berlin », qui a rapporté en arabe que des juifs de Palestine combattaient au côté des Anglais contre les soldats iraquiens près de la ville de Falloujah. L'information était fausse.

Le dimanche 1er juin, un combat sans armes a éclaté à Bagdad entre des juifs, qui étaient encore en train de célèbrer la fête de Shabuoth, et de jeunes Iraquiens qui pensaient que les juifs célébraient le retour du régent pro-britannique. Ce soir-là, un groupe d'Iraquiens a arrêté un autobus, a enlevé les passagers juifs, en a assassiné un et en a blessé mortellement une second.

Autour de 8 heures 30 le matin suivant, environ 30 individus en uniformes de militaires et de policiers ont ouvert le feu le long de la rue AL Amin, une petite rue du centre dont les boutiques de bijoux, de tailleurs et d'épicerie appartenaient à des juifs. À 11 heures du matin, des foules Iraquiennes avec des poignards, des couteaux à cran d'arrêt et des gourdins attaquaient les maisons juives du quartier.

Les émeutes ont continué tout au long du lundi 2 juin. Pendant ce temps, de nombreux musulmans ont pris la défense de leurs voisins juifs, tandis que certains juifs se défendaient avec succès. Il y eut 124 tués et 400 blessés, selon un rapport écrit par un messager de l'Agence Juive qui état alors en Iraq. D'autres évaluations, probablement moins fiables, ont mis la barre des morts plus haut, à 500, avec 650 à 2.000 blessés. De 500 à 1.300 boutiques et plus de 1.000 maisons et appartements ont été pillés.

Qui était derrière l'émeute dans le quartier juif ?

Yosef Meir, l'un des plus éminents militants du mouvement clandestin sioniste en Iraq, connu alors comme Yehoshafat, a affirmé que c'étaient les Britanniques. Meir, qui travaille maintenant pour le Ministère de la Défense Israélienne, argue du fait que, afin de rendre évident que le régent revenait comme un sauveur qui rétablirait la loi et l'ordre, les Britanniques ont fomenté les émeutes contre le secteur le plus vulnérable et le plus visible de la ville, les juifs. Et, sans surprise, les émeutes se sont achevées dès que les soldats fidèles au régent sont entrés dans la capitale.

Mes propres investigations de journaliste m'ont amené à croire que Meir avait raison. De plus, je pense que ses affirmations devraient être vues comme basé sur des documents des archives du ministère de la Défense Israélien, l'agence qui a publié son livre [5]. Cependant, même avant que son livre soit sorti, j'en ai eu la confirmation indépendante d'un homme que j'ai rencontré en Iran vers la fin des années 40.

Son nom était Michael Timosian, un Arménien iraquien. Quand je l'ai rencontré il travaillait comme infirmier à la Anglo-Iranian Oil Company à Abadan au sud de l'Iran. Le 2 juin 1941, cependant, il travaillait à l'hôpital de Bagdad où ont été amenées plusieurs victimes des émeutes. La plupart de ces victimes étaient juives.

Timosian a déclaré qu'il était particulièrement intéressé par deux patients dont la gestion n'a pas suivi l'habitude locale. L'un avait été frappé par une balle à l'épaule, l'autre par une balle au genou droit. Après que le docteur ait enlevé les balles, le personnel a tenté de changer leurs vêtements imbibés de sang. Mais les deux hommes ont repoussé leurs efforts, prétendant être aphasiques, bien que les examens eussent montré qu'ils pouvaient entendre. Pour les apaiser, le docteur leur a injecté des anesthésiques et, comme ils dormaient, Timosian a changé leurs v^tements. Il a découvert que l'un d'eux portait autour du cou une plaque d'identification du type utilisé par les troupes britanniques, alors que l'autre avait des caractères indiens tatoués sur son bras droit avec l'épée bien connue des Gurkhas.

Le jour suivant, quand Timosian s'est présenté au travail, il a été dit qu'un officier britannique, un sergent et deux Gurkhas étaient venus tôt ce matin-là à l'hôpital. Les membres du personnel avaient surpris les Gurkhas parlant aux patients blessés, qui n'étaient pas aussi muets qu'ils l'avaient feint. Les patients ont salué les visiteurs, se sont couverts avec les draps et, sans signer les formulaires requis pour la sortie, ont quitté l'hôpital avec leurs visiteurs.


à suivre
La suite :
Le jour suivant, quand Timosian s'est présenté au travail, il a été dit qu'un officier britannique, un sergent et deux Gurkhas étaient venus tôt ce matin-là à l'hôpital. Les membres du personnel avaient surpris les Gurkhas parlant aux patients blessés, qui n'étaient pas aussi muets qu'ils l'avaient feint. Les patients ont salué les visiteurs, se sont couverts avec les draps et, sans signer les formulaires requis pour la sortie, ont quitté l'hôpital avec leurs visiteurs.

Aujourd'hui il n'y a aucun doute dans mon esprit que les émeutes anti-juives de 1941 ont été orchestrées par les Britanniques à des fins géopolitiques. David Kimche était certainement en mesure de connaître la vérité, et il a parlé publiquement de la culpabilité britannique. Kimche était dans les renseignements britanniques pendant la Deuxième Guerre mondiale et au Mossad après la guerre. Plus tard il est devenu Directeur Général du Ministère des affaires Étrangères d'Israël, position qu'il tenait en 1982 quand il s'est adressé à un forum de l'Institut britannique pour les Affaires Internationales à Londres.

En répondant aux questions hostiles au sujet de l'invasion du Liban par Israël et aux massacres dans les camps de réfugiés à Beyrouth, Kimche a contre- attaqué, rappelant à l'assistance que le Foreign Office britannique s'était fait bien peu de soucis lorsque les unités britanniques de Gurkhas avaient participé au massacre de 500 juifs dans les rues de Bagdad en 1941.

Les attentats à la bombe de 1950-1951

Les émeutes antijuives de 1941 ont fait plus que créer un prétexte pour que les Anglais entrent dans Bagdad afin de rétablir le régent probritannique et son premier ministre probritannique, Nouri El Saïd. Elles ont aussi donné aux sionistes de Palestine un prétexte pour organiser un réseau clandestin sioniste en Iraq, d'abord à Bagdad, puis dans d'autres villes comme Bassorah, Amara, Hillah, Diwaneia, Irbil et Kirkouk.

Après la Deuxième Guerre mondiale, une succession de gouvernements ont détenu un bref pouvoir en Iraq. Les conquêtes sionistes en Palestine, en particulier le massacre des Palestiniens dans le village de Deir Yassin, ont enhardi le mouvement antibritannique en Iraq. Quand le gouvernement Iraquien a signé un nouveau traité d'amitié avec Londres en janvier 1948, des émeutes ont éclaté partout dans le pays. Le traité a été rapidement abandonné et Bagdad a exigé la suppression de la mission militaire britannique qui avait encadré l'armée Iraquienne pendant 27 ans.

Plus tard en 1948, Bagdad a envoyé un détachement en Palestine pour combattre les sionistes, et quand Israël a déclaré l'indépendance en mai, l'Iraq a fermé le pipeline alimentant en pétrole la raffinerie de Haïfa. Toutefois, Abd AL Ilah était encore régent et le collaborateur britannique, Nouri El Saïd, était de nouveau Premier ministre. J'étais dans la prison d'Abou Ghraib en 1948, où je suis resté jusqu'à mon évasion en Iran en septembre 1949.
Six mois plus tard - la date exacte étaient le 19 mars 1950 - une bombe a éclaté à l'American Cultural Center and Library à Bagdad, causant des dégâts matériels et blessant un certain nombre de gens. Le centre était un lieu de réunion favori des jeunes juifs.

Le premier jet de bombe directement sur des juifs s'est produit le 8 avril 1950, à 21 heures 15. D'une voiture avec trois jeunes passagers a été lancée avec violence une grenade sur le Café Dar El Bida de Bagdad, où des juifs célébraient la Pâque. Quatre personnes ont été gravement blessées. Cette nuit-là, des tracts invitant les juifs à quitter immédiatement l'Iraq ont été distribués.

Le jour suivant, de nombreux juifs, pauvres pour la plupart, n'ayant rien à perdre, ont envahi le bureaux de l'émigration pour renoncer à leur citoyenneté et pour solliciter l'autorisation de partir en Israël. En fait, tant de gens ont postulé, que la police a dû ouvrir des bureaux d'enregistrement dans les écoles et les synagogues juives.  Le 10 mai, à 3 heures du matin, une grenade a été jetée en direction de la vitrine de la Beit-Lawi Automobile Company possédée par des juifs, détruisant une partie du bâtiment. Aucune victime n'a été signalée.

Le 3 juin 1950, une autre grenade a été jetée d'une voiture en excès de vitesse dans le quartier El Batawin de Bagdad, où vivaient la plupart des riches juifs et de membres de la bourgeoisie Iraquienne. Personne n'a été blessé, mais suite à l'explosion, des militants sionistes ont envoyé des télégrammes en Israël, demandant que les quotas d'immigration d'Iraq augmentent.

Le 5 juin, à 2 heures 30 du matin, une bombe a éclaté à côté du bâtiment Stanley Shashua appartenant à des juifs, sur la rue El Rashid, avec pour résultats des dégâts matériels mais aucune victime.

Le 14 janvier 1951, à 19 heures, une grenade a été jetée sur un groupe de juifs à l'extérieur de la synagogue Shem-Tov de Masouda. L'explosif a frappé un câble à haute tension, électrocutant trois juifs, un jeune garçon, Itzhak Elmacher, et en a blessé plus de 30 autres. Après l'attaque, l'exode des juifs a atteint entre 600 et 700 personnes par jour.

Les propagandistes sionistes soutenaient toujours que les Iraquiens anti-juifs faisaient exploser des bombes en Iraq parce qu'ils voulaient sortir les juifs de leur pays. La terrible vérité est que les grenades, qui ont tué et mutilé les juifs Iraquiens et ont endommagé leur propriété, ont été lancées par des sionistes juifs.

Parmi les documents les plus importants de mon livre, je crois, il y a les copies de deux tracts publiés par le réseau clandestin sioniste, invitant les juifs à quitter l'Iraq. L'un est daté du 16 mars 1950, l'autre du 8 avril 1950.  La différence entre les deux est essentielle. Tous les deux indiquent la date de publication, mais seul le tract du 8 avril note l'heure : 16 heures. Pourquoi l'heure ? Des telles précisions étaient sans précédent. Même le juge chargé de l'enquête, Salaman El Beit, les a trouvées suspectes. Les auteurs du tract de 16 heures ont-ils voulu un alibi pour un attentat à la bombe qu'ils savaient devoir se produire cinq heures plus tard ? Si oui, comment savaient-ils pour l'attentat ? Le juge a conclu qu'ils savaient parce qu'un lien existait entre le réseau clandestin sioniste et les lanceurs de bombe.

C'était aussi la conclusion de Wilbur Crane Eveland, un ancien officier supérieur de la Central Intelligence Agency (CIA), que j'ai eu l'occasion de rencontrer à New York en 1988. Dans son livre, Ropes of Sand [6], dont la CIA s'est opposée à la publication, Eveland écrit :

« Dans les tentatives de dépeindre les Iraquiens comme des anti-usaméricains et de terroriser les juifs, les sionistes ont posé des bombes au Service d'Information de la Bibliothèque US et dans les synagogues. Bientôt des tracts ont commencé à circuler, invitant les juifs à fuire en Israël…. Bien que plus tard la police Iraquienne ait fourni à notre ambassade la preuve montrant que la campagne d'attentats, contre les synagogue et la Bibliothèque, aussi bien que les tracts anti-juifs et anti-usaméricains, était le travail d'une organisation sioniste souterraine, la majeure partie du monde croyait les rumeurs selon lesquelles le terrorisme arabe avait motivé la fuite des juifs Iraquiens que les sionistes « avaient sauvés », en réalité juste pour accroître la population juive d'Israël. »

Eveland ne détaille pas la preuve reliant les sionistes aux attentats, mais dans mon livre je le fais. En 1955, par exemple, j'ai organisé en Israël un groupe d'avocats juifs d'origine Iraquienne pour prendre en main les réclamations des juifs Iraquiens qui avaient encore des propriétés en Iraq. Un avocat bien connu, qui a demandé que je ne donne pas son nom, m'a confié que les tests en laboratoire en Iraq avaient confirmé que les tracts anti-usaméricains trouvés à l'attentat de la Bibliothèque US avaient été dactylographiés sur la même machine à écrire et dupliqués avec la même machine à stencil que les tracts distribués par le mouvement sioniste juste avant l'attentat du 8 avril.  Les tests ont prouvé aussi que le type d'explosif utilisé dans l'attaque de Beit-Lawi correspondait aux traces d'explosif trouvées dans la valise d'un juif Iraquien au nom de Yosef Basri. Basri, un juriste, ainsi que Shalom Salih, un cordonnier, a été jugé pour les attaques de décembre 1951 et ils ont été exécutés le mois suivant. Les deux hommes étaient membres du Hashura, le bras militaire du réseau clandestin sioniste. En fin de compte, Salih a avoué que lui, Basri et un troisième homme, Yosef Habaza, ont effectué les attentats.

À l'époque des exécutions en janvier 1952, la quasi-totalité des 125.000 juifs Iraquiens estimés, à part 6 000 d'entre eux, s'étaient enfuis en Israël. De plus, la marionnette probritannique et prosioniste El Saïd a veillé à ce que tous leurs avoirs, y compris en espèces, soient gelés. (Il existait des manières d'exporter des dinars Iraquiens, mais quand les immigrés allaient les échanger en Israël ils constataient que le gouvernement israélien en gardait 50 pour cent de la valeur.) Même les juifs Iraquiens qui ne s'étaient pas enregistrés pour émigrer, mais qui s'avéraient être à l'étranger, ont subi la perte de leur nationalité s'ils ne rentraient pas dans les temps prescrits. Une communauté ancienne, cultivée et prospère, a été déracinée et ses membres ont été transplantés dans une terre dominée par les juifs de l'est européen, dont non seulement la culture leur était non seulement étrangère, mais même hostile.


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de : david_1945@hotmail.fr
source ;http://groups.msn.com/journaldeljadidamazaganaumaroc/general.msnw?action=get_message&mview=0&ID_Message=534&LastModified=4675589368097893958link
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