JUIFS ET MUSULMANS DE MAZAGAN
Mustapha JMAHRI, journaliste de formation est membre de l’Union des Ecrivains du Maroc. Il vit et travaille à El Jadida.
Auteur de « les consulats étrangers à El Jadida », « bibliographie sur l’histoire d’El Jadida », et en collaboration avec Rémon FARACHE que nous connaissons bien « La cité de Mazagan » et « Tout savoir sur El Jadida et sa région », Moustapha JMAHRI vient de publier « la communauté juive de la ville d’El Jadida », dont voici quelques extraits :
………..Jean Goulven qui fut en 1916, le numéro deux des Service: municipaux de Mazagan, ne cache pas la difficulté d'établir I. première assise des Juifs dans les Doukkala où ils formaient une population avoisinant les 5.000 habitants. Là, il se réfère à M Slouch (Archives marocaines, tome ô) qui affirme que les membres de cette communauté sont : " Les derniers survivants d'une antique race agglomérée autrefois par l'amalgame de Juifs palestiniens et cyrénéens mélangés aux juifs arabes et aux populations; libo-puniques. Ces premiers Juifs du Moghreb ont joué un rôle politique et social considérable dans le Moghreb préhistorique " (Le cercle des Doukkala)……….
……….L'Annuaire du Maroc de 1906, avance une autre version : les Juifs des Doukkala seraient originaires des régions du Rif ou du Souss, car les juifs de ces territoires sont issus de tribus qui s'y trouvaient avant la destruction du Temple de Jérusalem (voir : Azemmour et sa Région, traduction et commentaire de Mohamed chiadmi, p. is). La première destruction du Temple remonte au Vl éme siècle avant JC.
Si on revient à la période de l'occupation portugaise d'Azemmour puis de Mazagan, au XVI^ siècle, l'on constate que le nombre de Juifs dans les Doukkala était moins important que dans la région du Tadia par exemple. Cependant l'on peut affirmer que la communauté vivant à Azemmour s'est développée par l'arrivée de Juifs expulsés de la péninsule ibérique. La modeste communauté juive d'Azemmour collaborait commercialement et politiquement avec les Portugais. Le paradoxe c'est que malgré cette collaboration, les Portugais n'ont jamais permis aux Juifs de résider à Mazagan (Azemmour et sa Région, p. 18)……….
11 - LES CHIFFRES DE LA CONCORDE
Les communautés musulmane et juive d'El Jadida, comme dans d'autres villes du Maroc ont cohabité, des siècles durant, en parfaite harmonie et en bonne intelligence. Cette cité fut pour la population qui l'habitait (31.700 âmes en 1941 dont 26.000 Musulmans, 3.700 Juifs et 2.000 Européens) un carrefour de cultures, de religions, de traditions ancestrales et d'entente pluraliste.
De son côté la communauté juive participa activement à la reconstruction de la cité au XIXe siècle, et collabora également à son développement à l'aube du XXe siècle. …………..
Traditions intercommunautaires –
Ville cosmopolite, depuis les débuts du XIXe siècle, El Jadida perpétua des traditions de cohabitation, de tolérance et de relations intercommunautaires. Sa population formait, dans sa diversité, une mosaïque remarquable. En plus des autochtones des deux communautés musulmane et juive, plusieurs colonies étrangères coexistaient : algérienne, anglaise, espagnole, allemande, française, Italienne, portugaise, maltaise en plus de quelques éléments arméniens, autrichiens, américains, suisses et polonais. El Jadida était, d'ailleurs, la ville marocaine qui comptait le plus d'étrangers à la fin du XIXe siècle et lors des deux premières décennies du XXe siècle. —
Ainsi à travers l'histoire contemporaine, des anciens habitants témoignent de la qualité de vie dans cette ville et du sentiment de solidarité entre ses occupants (voir la partie Témoignages), ils soutiennent l'idée que les joies et les peines des uns et des autres étaient vécues comme s'ils concernaient une même et unique famille. Les fêtes nationales et religieuses offraient l'occasion propice pour des rencontres festives qui permirent d'apprécier et d'échanger les plats particuliers à chaque culture notamment le couscous préparé par les Musulmans le vendredi et la skhina (à base de viande, œufs, pomme de terre et blé) préparée par les Juifs le samedi jour de shabbat. En outre, le degré d'harmonie entre certains individus des deux parties prenait une proportion très intime dans les cas, rares en tous cas, des mariages mixtes entre musulmans et femmes juives de cette même ville………….
…………..Les lois d'exception du gouvernement de vichy promulgué par Raphaël Alibert, Garde des Sceaux et concernant les Israélites n'ont pas été appliquées aux juifs marocains, car Sa Majesté Mohammed V (1927-1961) s'y opposa avec fermeté, malgré la présence d'une Commission allemande d'armistice. Position résumée en une phrase : "Au Maroc, il n'y a pas des Juifs et des Musulmans, il n'y a que des Marocains"
Dans le Royaume, comme dira Feu S. M. Hassan il (l96l-1999), les juifs sont placés sous la protection personnelle du souverain et depuis fort longtemps ( le défi, page 30). Mais les juifs français ont subi lesdites lois. La doctoresse Eugénie Delanoë, très connue au niveau de la population locale de la ville par le nom arabe T'biba, fut la grande victime de cette discrimination du fait, qu'elle avait la nationalité française. Elle s'est vue frapper d'interdiction d'exercice de la médecine par le Conseil de l'ordre des médecins créé par vichy en 1941. Elle quitta le Maroc, malgré elle, pour se réfugier chez des membres de sa famille à Los Angeles aux Etats-Unis d'Amérique et ne retourna à El Jadida qu'en 1945 pour y décéder quelques mois après. ……….
2 - La vie sociale
En général, au niveau de l'habitat, il n'y avait pas de ségrégation entre communautés. Ainsi, dans un même quartier résidaient des Musulmans, des Juifs et des Européens (témoignage de Chérif Kasmi)
Autre particularité, El Jadida n'avait pas de mellah au vrai sens du terme, c'est-à-dire un quartier réservé aux Juifs, entouré de grandes murailles. Mais la cité portugaise avait reçu dans le passé l'appellation de mellah, laquelle appellation ne peut être qu'erronée. Pour preuve, la cité n'était pas réservée exclusivement aux Juifs mais à toutes les composantes de la population : musulmane et étrangère comprises. D'ailleurs, la cité portugaise représentait, jusqu'aux alentours des années 1915-20, le seul endroit habitable et sécurisé, du fait de l'inexistence de constructions suffisantes hors de l'enceinte fortifiée. ……………
Je ne peux pas m’empêcher de vous faire lire un article du Professeur Haïm ZAFRANI, zikhrono lébrakha, sur les piyyutims d’Albert BOUHADANA.
LES TRADITIONS MUSICALES ANDALOUSES
DANS LES SOCIETES JUIVES MAGHREBINES
Le piyyut chanté par Albert BOUHADANA
Au Maghreb, et spécialement au Maroc, les populations musulmanes et juives ont pieusement conservé le souvenir de la musique hispano-arabe, émigrée avec elles des métropoles ibériques qu'elles furent contraintes de quitter. Elles l'apprécient et elles l'aiment, les unes et les autres, avec une passion qui ressemble parfois à de la vénération. En Espagne comme au Maroc, les juifs ont été les mainteneurs de la musique andalouse et les gardiens zélés de ses vieilles traditions. Les juifs marocains ont continué la tradition musicale andalouse de deux façons. Dans les mariages et autres cérémonies familiales, les musammi'in en jouaient et chantaient les "suites" et les programmes les plus populaires, sans rien changer aux textes poétiques qui lui sont propres, les muwashshahat et azjal originels en arabe classique et en dialecte andalou. En outre, le judaïsme marocain, comme ses homologues des autres communautés maghrébines et orientales, a adapté la musique andalouse aux piyyutim, à la poésie de langue hébraïque, liturgique ou destinée à la célébration des grands moments de la vie familiale, réalisant à la synagogue l'équivalent du sama', un chant musulman essentiellement religieux. La fidélité du juif marocain au chant andalou apparaît dans les mécanismes de substitution du texte hébraïque au texte arabe primitif, le premier se conformant aux lois prosodiques du second. Les deux versions musicales concordent parfaitement, les lignes mélodiques se recouvrent exactement. Mais au niveau de la thématique, les textes ne se superposent en aucune façon; le poète juif a des préoccupations qui concernent la foi, la liturgie et la pratique des prescriptions légales quand les compositions qu'il adapte sont de caractère profane, véhiculant les lieux communs de la poésie laudative, érotique ou bachique.
Dans cet univers socioculturel, poétique et musical, entre, de plein pied, le chantre Albert BOUHADANA, disciple de Rahhi David Bouzaglo. Il témoigne de la tradition ancestrale; une tradition qui vit encore en quelques lieux privilégiés, au Maroc, son sol natal, en France, au Canada et en Terre Sainte où elle a émigré pour vivre un rêve messianique. La sensibilité du chantre nous livre le message qui médiatise les préoccupations profondes d'une société dont on connaît le visage fascinant, les peines et les joies.
Albert BOUHADANA, actuellement ministre officiant à la grande synagogue parisienne de la rue Chasseloup-Laubat (15ème arrondissement), gardien fidèle d'un patrimoine millénaire, participe régulièrement à des concerts et symposiums nationaux et internationaux de musique liturgique et à des festivités familiales et communautaires.
Haim ZAFRANI, Professeur émérite à l'Université de Paris VIIII
Et voici la pochette du CD


SOURCE / http://dafina.net/forums/read.php?49,102899,page=2
Auteur de « les consulats étrangers à El Jadida », « bibliographie sur l’histoire d’El Jadida », et en collaboration avec Rémon FARACHE que nous connaissons bien « La cité de Mazagan » et « Tout savoir sur El Jadida et sa région », Moustapha JMAHRI vient de publier « la communauté juive de la ville d’El Jadida », dont voici quelques extraits :
………..Jean Goulven qui fut en 1916, le numéro deux des Service: municipaux de Mazagan, ne cache pas la difficulté d'établir I. première assise des Juifs dans les Doukkala où ils formaient une population avoisinant les 5.000 habitants. Là, il se réfère à M Slouch (Archives marocaines, tome ô) qui affirme que les membres de cette communauté sont : " Les derniers survivants d'une antique race agglomérée autrefois par l'amalgame de Juifs palestiniens et cyrénéens mélangés aux juifs arabes et aux populations; libo-puniques. Ces premiers Juifs du Moghreb ont joué un rôle politique et social considérable dans le Moghreb préhistorique " (Le cercle des Doukkala)……….
……….L'Annuaire du Maroc de 1906, avance une autre version : les Juifs des Doukkala seraient originaires des régions du Rif ou du Souss, car les juifs de ces territoires sont issus de tribus qui s'y trouvaient avant la destruction du Temple de Jérusalem (voir : Azemmour et sa Région, traduction et commentaire de Mohamed chiadmi, p. is). La première destruction du Temple remonte au Vl éme siècle avant JC.
Si on revient à la période de l'occupation portugaise d'Azemmour puis de Mazagan, au XVI^ siècle, l'on constate que le nombre de Juifs dans les Doukkala était moins important que dans la région du Tadia par exemple. Cependant l'on peut affirmer que la communauté vivant à Azemmour s'est développée par l'arrivée de Juifs expulsés de la péninsule ibérique. La modeste communauté juive d'Azemmour collaborait commercialement et politiquement avec les Portugais. Le paradoxe c'est que malgré cette collaboration, les Portugais n'ont jamais permis aux Juifs de résider à Mazagan (Azemmour et sa Région, p. 18)……….
11 - LES CHIFFRES DE LA CONCORDE
Les communautés musulmane et juive d'El Jadida, comme dans d'autres villes du Maroc ont cohabité, des siècles durant, en parfaite harmonie et en bonne intelligence. Cette cité fut pour la population qui l'habitait (31.700 âmes en 1941 dont 26.000 Musulmans, 3.700 Juifs et 2.000 Européens) un carrefour de cultures, de religions, de traditions ancestrales et d'entente pluraliste.
De son côté la communauté juive participa activement à la reconstruction de la cité au XIXe siècle, et collabora également à son développement à l'aube du XXe siècle. …………..
Traditions intercommunautaires –
Ville cosmopolite, depuis les débuts du XIXe siècle, El Jadida perpétua des traditions de cohabitation, de tolérance et de relations intercommunautaires. Sa population formait, dans sa diversité, une mosaïque remarquable. En plus des autochtones des deux communautés musulmane et juive, plusieurs colonies étrangères coexistaient : algérienne, anglaise, espagnole, allemande, française, Italienne, portugaise, maltaise en plus de quelques éléments arméniens, autrichiens, américains, suisses et polonais. El Jadida était, d'ailleurs, la ville marocaine qui comptait le plus d'étrangers à la fin du XIXe siècle et lors des deux premières décennies du XXe siècle. —
Ainsi à travers l'histoire contemporaine, des anciens habitants témoignent de la qualité de vie dans cette ville et du sentiment de solidarité entre ses occupants (voir la partie Témoignages), ils soutiennent l'idée que les joies et les peines des uns et des autres étaient vécues comme s'ils concernaient une même et unique famille. Les fêtes nationales et religieuses offraient l'occasion propice pour des rencontres festives qui permirent d'apprécier et d'échanger les plats particuliers à chaque culture notamment le couscous préparé par les Musulmans le vendredi et la skhina (à base de viande, œufs, pomme de terre et blé) préparée par les Juifs le samedi jour de shabbat. En outre, le degré d'harmonie entre certains individus des deux parties prenait une proportion très intime dans les cas, rares en tous cas, des mariages mixtes entre musulmans et femmes juives de cette même ville………….
…………..Les lois d'exception du gouvernement de vichy promulgué par Raphaël Alibert, Garde des Sceaux et concernant les Israélites n'ont pas été appliquées aux juifs marocains, car Sa Majesté Mohammed V (1927-1961) s'y opposa avec fermeté, malgré la présence d'une Commission allemande d'armistice. Position résumée en une phrase : "Au Maroc, il n'y a pas des Juifs et des Musulmans, il n'y a que des Marocains"
Dans le Royaume, comme dira Feu S. M. Hassan il (l96l-1999), les juifs sont placés sous la protection personnelle du souverain et depuis fort longtemps ( le défi, page 30). Mais les juifs français ont subi lesdites lois. La doctoresse Eugénie Delanoë, très connue au niveau de la population locale de la ville par le nom arabe T'biba, fut la grande victime de cette discrimination du fait, qu'elle avait la nationalité française. Elle s'est vue frapper d'interdiction d'exercice de la médecine par le Conseil de l'ordre des médecins créé par vichy en 1941. Elle quitta le Maroc, malgré elle, pour se réfugier chez des membres de sa famille à Los Angeles aux Etats-Unis d'Amérique et ne retourna à El Jadida qu'en 1945 pour y décéder quelques mois après. ……….
2 - La vie sociale
En général, au niveau de l'habitat, il n'y avait pas de ségrégation entre communautés. Ainsi, dans un même quartier résidaient des Musulmans, des Juifs et des Européens (témoignage de Chérif Kasmi)
Autre particularité, El Jadida n'avait pas de mellah au vrai sens du terme, c'est-à-dire un quartier réservé aux Juifs, entouré de grandes murailles. Mais la cité portugaise avait reçu dans le passé l'appellation de mellah, laquelle appellation ne peut être qu'erronée. Pour preuve, la cité n'était pas réservée exclusivement aux Juifs mais à toutes les composantes de la population : musulmane et étrangère comprises. D'ailleurs, la cité portugaise représentait, jusqu'aux alentours des années 1915-20, le seul endroit habitable et sécurisé, du fait de l'inexistence de constructions suffisantes hors de l'enceinte fortifiée. ……………
Je ne peux pas m’empêcher de vous faire lire un article du Professeur Haïm ZAFRANI, zikhrono lébrakha, sur les piyyutims d’Albert BOUHADANA.
LES TRADITIONS MUSICALES ANDALOUSES
DANS LES SOCIETES JUIVES MAGHREBINES
Le piyyut chanté par Albert BOUHADANA
Au Maghreb, et spécialement au Maroc, les populations musulmanes et juives ont pieusement conservé le souvenir de la musique hispano-arabe, émigrée avec elles des métropoles ibériques qu'elles furent contraintes de quitter. Elles l'apprécient et elles l'aiment, les unes et les autres, avec une passion qui ressemble parfois à de la vénération. En Espagne comme au Maroc, les juifs ont été les mainteneurs de la musique andalouse et les gardiens zélés de ses vieilles traditions. Les juifs marocains ont continué la tradition musicale andalouse de deux façons. Dans les mariages et autres cérémonies familiales, les musammi'in en jouaient et chantaient les "suites" et les programmes les plus populaires, sans rien changer aux textes poétiques qui lui sont propres, les muwashshahat et azjal originels en arabe classique et en dialecte andalou. En outre, le judaïsme marocain, comme ses homologues des autres communautés maghrébines et orientales, a adapté la musique andalouse aux piyyutim, à la poésie de langue hébraïque, liturgique ou destinée à la célébration des grands moments de la vie familiale, réalisant à la synagogue l'équivalent du sama', un chant musulman essentiellement religieux. La fidélité du juif marocain au chant andalou apparaît dans les mécanismes de substitution du texte hébraïque au texte arabe primitif, le premier se conformant aux lois prosodiques du second. Les deux versions musicales concordent parfaitement, les lignes mélodiques se recouvrent exactement. Mais au niveau de la thématique, les textes ne se superposent en aucune façon; le poète juif a des préoccupations qui concernent la foi, la liturgie et la pratique des prescriptions légales quand les compositions qu'il adapte sont de caractère profane, véhiculant les lieux communs de la poésie laudative, érotique ou bachique.
Dans cet univers socioculturel, poétique et musical, entre, de plein pied, le chantre Albert BOUHADANA, disciple de Rahhi David Bouzaglo. Il témoigne de la tradition ancestrale; une tradition qui vit encore en quelques lieux privilégiés, au Maroc, son sol natal, en France, au Canada et en Terre Sainte où elle a émigré pour vivre un rêve messianique. La sensibilité du chantre nous livre le message qui médiatise les préoccupations profondes d'une société dont on connaît le visage fascinant, les peines et les joies.
Albert BOUHADANA, actuellement ministre officiant à la grande synagogue parisienne de la rue Chasseloup-Laubat (15ème arrondissement), gardien fidèle d'un patrimoine millénaire, participe régulièrement à des concerts et symposiums nationaux et internationaux de musique liturgique et à des festivités familiales et communautaires.
Haim ZAFRANI, Professeur émérite à l'Université de Paris VIIII
Et voici la pochette du CD
SOURCE / http://dafina.net/forums/read.php?49,102899,page=2
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