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Museé du maroc :• Costumes

19 Novembre 2009 , Rédigé par saladin Publié dans #Museé du Maroc

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benhadou 20/11/2009








Ajouté le 21 Septembre 2009
Par le membre AbdelghaniELKHALDI


 


Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia, N° 2 – Berkoukch, Baddaz et autres choses !


 


Auteur : Abdelghani EL KHALDI, Oulad Haddou, Casablanca


Eljadida.com


La compréhension de certaines us, coutumes, expressions et mots usités chez les Doukkala, c’est comme pour l’étymologie de beaucoup de noms de choses, de toponymes et d’anthroponymes
rencontrés dans la Chaouia et dans toutes les autres régions du Maroc : ils ne peuvent être bien expliqués et appréhendés sans faire recours à la Langue & Culture Amazighs, et sans le
retour à l’histoire et à la civilisation millénaire du Maghreb.

Le long d’une courte série périodique de bref papiers, j’essaierais d’apporter à titre d’exemples quelques cas dont le commun des jeunes Doukkalis se demande assurément sur leur
signification.

N° 2 – Berkoukch, Baddaz et autres choses * بـركــوكــش، بــدٌاز ءو شـي خُــر

J’apporte dans ce deuxième numéro quelques exemples de repas marocains choisis parmi ceux dont l’explication de la relation entre le signifiant et le signifié se trouve dans
l’Amazigh.
Les noms de ces repas qui depuis des siècles se perpétuent encore avec fierté dans le Doukkala comme dans la Chaouia révèlent entre autres le coté berbère qui caractérise aussi ces
bleds.
La liste ici n’est pas exhaustive. Et pour l’élargir et la compléter, le soin et le loisir sont laissés à d’autres intéressés.

1 - Berkoukch, بـركــوكــش : dit aussi Berkoukss, vient de AberSksou, ءابـرسـكـســو, mot berbère composé de Aber : préfixe augmentatif qui dans ce cas signifie Gros/Grand, et de Sêksou
(سـكْـسـو), qui veut dire Couscous tout simplement. Et mot à mot cette composition donne en français GrosCouscous.
Berkoukch, , est le nom d’un repas rustiques très apprécié qui se prépare à base d’un couscous grossier, dont les grains sont faits de semoule de blé dure roulés à la farine, et qui après
avoir été à moitié cuit à la vapeur et séché au soleil, est cuit au moment de l’utilisation dans l’eau puis bouillit dans du lait. Chaud et parfumé au beurre ronce, il est pris au petit
matin, surtout en temps froid avant de partir travailler dans les champs. Aujourd’hui pour simplifier la tâche au bonheur des maîtresses de foyers, Berkoukch est de plus en plus fait à
base d’un granulé de pâte de blé, appelé Lemĥamša, disponible dans le commerce.
Herrbel appelé aussi Herrberr (هــرٌبــْل، هـرٌبـْـر) est une variante du Berkoukch mais qui se prépare à base de grains de blé ou d’orge fracassé et décortiqué. Ces ingrédients sont
aujourd’hui disponibles chez les épiciers des villages, dans les souks de compagnes et aussi dans les supermarchés des villes.
2 – Baddaz, بــدٌاز : en berbère se dit Abaddaz (أبـداز) ; ce mot vient de Iddez ئـدٌ ز, qui veut dire piler ou broyer. Baddaz est effectivement un Couscous de maïs, grossièrement écrasée
au mortier, aux légumes avec de la viande que c’est souvent des tripes. De nos jours Baddaz est fait avec une de semoule de maïs disponible aussi dans le commerce.
3 - Saykouk, صـيـكــوك ; ça vient de Ašikouk,(ءاژيـكـوك) , mot Amazigh où se retrouve aussi le composant Sêksou. C’est le nom d’une simple boisson épaisse, très répondue au Maroc, faite
d’un mélange de petit-lait et de L’belboula, (لـبلـبـولا). Ce dernier nom vient de Abelboul. En Amazigh ce mot désigne le couscous nu ; juste la semoule de blé et particulièrement d’orge
bouillée à la vapeur d’eau. Saykouk est une sorte de soupe au petit-lait qui se prend froide et légèrement salé selon les goûts. En temps de chaleur, ça constitue même un léger déjeuner,
nourrissant et rafraîchissant qui est très apprécié notamment par les moissonneurs.
4 – Baghrir, بـاغــريـر : de Abghrir (ءابـغـريــر) en berbère, sorte de crêpe très particulier et très apprécié, dont la face comporte une multitude de perforations. Il se mange chaud,
imprégné de beurre et du miel. Baghrir des campagnards est plutôt grand et épais, par rapport à celui des citadins qui se vend aujourd’hui dans les boulangeries et marchés.
5 – Z’meŧŧa, ( زٌمـٌطـا ), en berbère Tazmmeŧŧ. C’est une farine d’orge dont les grains ont été cueillis juste avant qu’ils ne soient mures puis grillés et moulus. Et ça se mange mélangé
à de l’huile d’olives ou au beurre et du miel, (ou simplement à l’eau et du sucre). Il y a une variante de cette nourriture qui se dit Zanebou de Aznbû أزنـبـو en Tachelhit.
6 – L’kŭr3ine, (لـڬـورعـيـن) : pluriel de Kŭra3, ڬـراع de Akŭra3 ءاكـراع qui en berbère veut dire : Patte d’animal. L’kŭr3ine est le nom d’un délicieux ragoût de pattes de veau, ou du
mouton, au blé dure ou aux pois chiches secs, cuit à petit feu (durant toute une nuit) dans une sauce d’ognon et persil, à l’huile d’olive et aux sept épices.

Il est à observer que ces repas ont un important point commun ; ils sont faits à base de céréales : blé ; orge, maïs, etc.., au même titre que le Couscous dont ils ne sont que des dérivés
ayant été plus au moins sophistiqués à travers les âges.
Aussi, il est à noter que le Couscous, repas typiquement berbère et ancestral, est depuis l’antiquité l’un des identifiants culturels des habitants de l’Afrique du Nord ; peuples plutôt
d’agriculteurs et d’agro-pasteurs.
Les anciens chroniqueurs nous ont bien rapporté que les maghrébins étaient plutôt connus et désignés par les autres peuples comme c’est résumé par ce dicton historique arabe :"الـبـربـر"،
حـلـيــقي الـرؤس، آكـلـي الـكسـكـس، لابـيسـي الـبرنـوس" et qui vent dire : ‘’Les berbères’’ ; ceux au crâne rasé, qui se nourrissent au Couscous, et qui portent le burnous.
Chez les Doukkala, le Couscous est appelé aussi T’3am طٌـعـام , qui signifie la nourriture en arabe marocain. Et même s’il n’est plus la nourriture de base des populations, il reste le
repas populaire le plus répondu dans tout le Maghreb.

A suivre !


 










benhadou 20/11/2009














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Ajouté le 02 Novembre 2009
Par le membre AbdelghaniELKHALDI


 


Mots et choses Amazighs de Doukkala et de Chaouia , N° 3 – Toufri et Nouala.


 


Auteur : Abdelghani EL KHALDI


Eljadida.com


La compréhension de certaines us, coutumes, expressions et mots usités chez les Doukkala, c’est comme pour l’étymologie de beaucoup de nom de choses, de toponyme et
d’anthroponymes rencontrés dans la Chaouia et dans toutes les autres régions du Maroc : ils ne peuvent être bien expliqués et appréhendés sans faire recours à la Langue &
Culture Amazighs, et sans le retour à l’histoire et à la civilisation millénaire du Maghreb.
Le long d’une courte série périodique de bref papiers, j’essayerais d’apporter à titre d’exemples quelques cas dont le commun des jeunes Doukkalais se demande assurément sur leur
signification.

N° 3 – Toufri et Nouala

Dans ce troisième numéro je vais rappeler par quelques exemples l’origine Amazigh de certaines habitations typiques des Doukkala. Comme nous allons le voir, dans cette contrée se
trouvent toujours des habitations dont l’appellation vient soit d’une racine Amazigh soit d’un mot berbérisé.

L’histoire montre que depuis l’arrivée des tribus arabes et jusqu’à la fin du 19ième siècle, les habitants de cette région, comme ceux du Tamasna (ancien nom de la Chaouia), sont
restés des agro-pasteurs et aussi des guerriers. Et lorsqu’ils ne partaient pas dans des Harkas, ils se mouvaient avec leurs familles dans leurs fiefs conduisant leurs troupeaux
suivant les saisons de pâturage en pâturage. C’est ainsi, qu’ils n’avaient nul besoin de bâtir des logements fixes et en dure. Ces semi-nomades n’avaient vraiment commencé à
construire des abris en dure et en masse, qu’après leur sédentarisation forcée et imposée par l’Etat au début du 20ième siècle. Les Tazotats de la Houzia qui ne sont apparues
qu’après cette époque sont un cas témoin de ce changement de mode de vie.

Effectivement les chroniqueurs qui ont parcouru la région avant cette période, racontent que hormis les quelques villes/comptoirs et des kasbah, les seules bâtiments construits en
pierres et/ou en terre sont les Zaouïa et les Mausolées, ainsi que des demeures des Caïds, qui sont souvent réduites en ruines à chaque changement de pouvoir local ou central. Les
tribus vivaient plutôt regroupées dans des douars faits de Lkhyam, pluriel de Khaima, et/ou des Noualas, qu’on montait et qu’on démontait facilement à chaque besoin de changer de
lieu ; soit de bon gré, soit sous contrainte.

Nouala

Ce nom vient du mot Anoual, qui en Amazigh désigne principalement une cabane ou une chambre spécialement aménagée et réservée pour la préparation des repas. C’est l’équivalent du
mot français cuisine.

Dans la Chaouia et chez les Doukkala, c’est une cabane, de forme cylindro-conique, construite d’une ossature en roseaux et d’une couverture de paille, et qui sert aussi bien
d’habitation qu’à autres utilités.

Aujourd’hui, ce genre de construction a pratiquement disparu. Les Noualas existaient jusqu’à la fin des années soixante au alentour même de Casablanca pour ne pas dire dedans. A
ces années là, il y avait encore des villages et des Bidonvilles composées de plusieurs Zribas, contenant jusqu’à trois ou quatre Noualas.

Et dans l’histoire récente du Maroc nous avons la célèbre bataille d’Anoual, appelée aussi en Espagne le «désastre d'Anoual» et qui « opposa un contingent militaire espagnol à
l'armée rifaine d’Adbelkrim Al Khattabi, dans la région du Rif en juillet 1921».

Tazota

Vient du mot Amazigh Tazoda, qui veut dire gros bol, ce qu’on appelle aussi Zlfa ou Tazlaft, et qui désigne une soupière , ou encore un plateau à repas dit Gas3a, en arabe ! Ce
mot Tazoda est encore usité au Rif pour désigner un bol. Et non loin de là, en Espagne Tazota signifie aussi une tasse.

C’est qu’à Doukala, dans la Houzia et les Oulad Bou3ziz, il y a des édifices typiques et originaux, appelés aussi Tazota. De l’intérieur, ils sont effectivement en forme de bol
renversé. Ce type de constructions en pierres chèches est unique au Maghreb. Aujourd’hui ils servent encore comme dépôt et/ou écurie. Mais beaucoup moins que jadis pour
l’habitation.

Maintenant, certains propriétaires de ces constructions procèdent volontairement à les détruire. Le mois dernier à un douar de Oulad Bou3ziz, j’ai été témoin de la démolition
d’une Tazota et de l’utilisation de ses pierres dans la construction d’un nouveau bâtiment, avec des briques et du béton, et qui s’intègre mal dans son environnement.

Ces édifices d’architecture rurale sont aujourd’hui plus approchées et étudiées par des intéressés de tout bords. Ils sont le centre d’intérêt de plusieurs bonnes volontés. Des
actions de sensibilisation et des appels s’élèvent pour les sauvegarder en tant que patrimoine régional d’architecture rurale. Mais ceci ne serait possible qu’en trouvant à ces
édifices d’autres utilisations comme l’initiative saluée d’une femme et son mari des Oulad Salem près d’Eljadida. Ce couple a transformé leur ferme contenant des Tazotas et des
Noualas en un Gîte de repos chez l’habitant, offrant des produits bios et du terroir dans un cadre rustique et chargé du culturel. C’est une formule demandée de plus en plus par
les citadins qui le week-end cherchent à fuir le stress et l’encombrement des grandes villes.
Les Tazotas des Doukala méritent aussi d’être plus considérées par les pouvoirs publics.

Enfin, Tazota, est aussi le toponyme d’un bled amazighophone dans le Moyen Atlas près Sefrou.

Laazib, ou 3zib, ce mot aussi l











benhadou 20/11/2009














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Ajouté le 21 Août 2009
Par le membre AbdelghaniELKHALDI


 


Mots et choses Amazighs de Doukala et de Chaouia , N° 1- EL MRISS / LMERS


 


Auteur : Abdelghani EL KHALDI


Eljadida.com


 


La compréhension de certaines us, coutumes, expressions et mots usités chez les Doukala, c’est comme pour l’étymologie de beaucoup de nom de choses, de toponyme et d’anthroponymes rencontrés dans
la Chaouia et dans toutes les autres régions du Maroc : ils ne peuvent être bien expliqués et appréhendés sans faire recours à la Langue & Culture Amazighs, et sans le retour à l’histoire et
à la civilisation millénaire du Maghreb.

Le long d’une courte série périodique de bref papiers, j’essayerais d’apporter à titre d’exemples quelques cas dont le commun des jeunes Doukalais se demande assurément sur leur
signification.

N°1 - EL MRISS / LMERS * لـمـريـس / لـمـرس :

A Doukala, non loin d’Eljadida sur la route Secondaire N°105 sortant de la Principale N°9 et allant vers Ouled Frej et Boula3ouane, et précisément dans la zone où se trouvent les fameuses
Tazotas, il y a un Bled appelé LMRISS, pour ne citer que ce lieu noté EL MRISS sur la carte topographique officielle de la région.

Lmriss, est le diminutif du mot LMERS, terme qu’on retrouve rétréci à MER dans la composition de certains toponymes assez répondus au Maroc, tel que (مـرسٌـلطان، مـرسٌـكـار، مـرشـيـش ).
MerSoltane ; MerSokkar ; MerChich, des lieux qui se trouvent dans la Chaouia : à Casablanca et ses environs.

J’avais recueilli de chez des vieux habitants des ces régions des informations disant que Lmers se dit pour les endroits où se trouvaient Lmttamrr ( لـمْـطـامـر ) : pluriel de Matmora mot de
l’Arabe marocaine qui désigne, un silos en forme de citerne souterraine où on stockait et on emmagasinait les céréales, et dont l’équivalent amazigh serait Tasraft.

L’explication de Mohammed CHAFIQ (éminente figure de la culture Amazigh), donnée dans son recueil(*) lexical des mots amazigh dans la l’Arabe marocaine, affirme que Lmers est la forme arabisée du
mot Amerssiw qui désigne en Amazigh un endroit où on dépose, où on descend pour un séjour ; un lieu d'étape, et qui est particulièrement une agglomération abritant des silos souterrains. Ou
encore une sorte de Harya, comme suppose un autre Universitaire, (Harya pluriel de Hhri هٌــري qui veut dire entrepôt où on stockait des denrées et produits agricoles).

A une nuance près, ces constructions avaient la même fonctionnalité que les célèbres bâtiments fortifiés du Sud marocains appelés Igoudar, إكــٌودار ) ) pluriel de Agadir et qui signifie Grenier
collectif ; où les habitants d’un village stockaient les récoltes, les denrées alimentaires et déposaient autres biens et choses de valeur.

Comme équivalent dans l’Arabe marocaine du nom Lmers il y a bien le mot N'zala ( نـٌزالا ) signifiant Dépôt et qui lui aussi compose certains toponymes, comme par exemple celui de N'zaltLa3ddam (
نـٌزال ت لـعـضم ) sur la route de Casablanca à Marrakech ! Lmers et N’zala ont alors la même signification !

A signaler aussi l'existence de MERISSI, ou LMERISSI ( لـمـريـسـي ) portés comme patronyme par plusieurs familles du Maghreb. On pourrait avec justesse expliquer, ou traduire, ces Noms par : le
gardien de Lmers, ou son Conservateur, ou simplement la personne qui est originaire d'un lieu dit : Mers-Kdachi !

Ces infrastructures particulières étaient-elles des édifices appartenant à des organisations de la société civile, (djamaa, tribus, confrérie, corporation, ..), comme pour le cas des Igoudar, ou
bien ils relevaient plutôt des autorités locales dépendant de l'administration Centrale de l’Etat ?!

Ce qui laisserait supposer cela, est l’emplacement géographique de ce genre de lieux qui se trouvent généralement près des croisements des chemins d'accès aux régions et les axes de transit, ou
encore édifiés près des centres d’échanges commerciaux. Ces lieux n’étaient-ils pas des coins stratégiques par où - sous l’ordre et contrôles des Caïds d'autrefois - on allait collecter et
acheminer les impôts de chez les tribus, et où on les tenait en stock en attendant leur exportation, ou encore le ravitaillement des harkas et/ou des Mehallas lors de leur passage dans la région
!?

Cette conjecture reste à vérifier, et le cas échéant à approfondir par des avis de spécialistes pour déterminer, en plus de la fonctionnalité de ces agglomérations, quel était le rôle qu’elles
avaient joué dans l’histoire de leur région.

A suivre !

Abdelghani EL KHALDI.
Oulad Haddou, Casablanca.

(*) .1999 الدارجة المغربية مجال توارد بين الأمازيغية و العربية؛ محمد شفيق؛ مطبوعات أكاديمية المملكة المغربية ـ