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Les journées du Patrimoine, ou comment survivra-t-il au jugement dernier

11 Avril 2013 , Rédigé par saladin Publié dans #Histoire et socièté

 

Les journées du Patrimoine, ou comment survivra-t-il au jugement dernier

 

 

El Jadida, une ville qui existe depuis l'époque romaine, et dont les citations peuvent se retrouver dans des écrits aussi anciens que le premier siècle de notre ère. Ayant toujours était considéré comme une façade privilégié sur la mer atlantique, elle fut longtemps un mouillage de choix pour les phéniciens, puis pour les romains et surtout les portugais qui y ont construit il y bientôt 6 siècles, une forteresse qui se tient à ce jour comme un symbole de l'histoire d'une ville qui fait face à l'air moderne et risque de perdre sa mémoire face au développement économique galopant de la ville. C'est pour cela que l'Institut français d'El Jadida, en partenariat avec l'association de la cité portugaise et la direction régionale du ministère de la Culture et le Centre de recherche Maroco-lusitanien, ont organisé les premières journées du patrimoine vendredi et samedi dernier. Cet événement, profitant d'une météo très ensoleillées lors de la journée du samedi, a réunie pas moins de 700 curieux qui ont eu droit à une visite très complète de l'ancienne cité, ainsi que différents « landmarks » de la ville, offerte par 26 guides bénévoles formés pour l'occasion.

Les monuments racontent leur histoire

Des portes ombragés du « Mellah », les visiteurs se sont vu emporter des tumultes de la ville moderne vers la quiétude de la forteresse qui a gardé au cours des siècles, derrière ces murs, son authenticité spécifique et sa charge importante d'histoire à raconter. La visite met le point sur la visites de lieux de culte, dont une mosquée au minaret unique (5 coins au lieu de 4), une église espagnol, en plus de la synagogue et de la Zaouia kaddiria, affichant la cité comme un lieu au carrefour des civilisations, et qui enrichie l'histoire de la ville de multiples influences. L'ancien consulat des Etat Unis en plus des anciennes geôles, témoignent de l'effervescence d'une cité qui a tenu pendant des siècles, un rôle important dans les relations du Maroc avec le reste du monde, notamment d'un point de vue politique, économique et culturel. Classé au patrimoine de l'Unesco, ce joyaux du patrimoine marocain, s'est révélé par la bouche des guides, un endroit magique, en particulier au niveau de la mystique citerne portugaise, qui de part la lumière unique qui se profile de son ouverture vers le ciel, et qui donne un décor qui se retrouve sur de nombreuses cartes postales qui représentent la ville. La visite de ce soubassement de la ville, pousse l'humain à chercher dans les profondeurs de son être à comprendre ce qui a fait la vie d'une cité, et à se retrouver rêver de l'âge d'or de ce qui faisait l'ancienne Mazagan.

De la cité à la ville, une histoire en mouvement

Bien que la cité portugaise est le vestige le plus voyant de la splendeur passée de la ville, bien d'autre édifices montrent les évolutions de la ville au cours des siècles, notamment son passage de la vie moyenageuse des forteresses à l'époque d'un urbanisme moderne qui s'est étendu à l'extérieur des murs portugaises. Datant de la période française, de nombreux bâtiments qui font partie du paysage d'El Jadida, tel que le Centre régional d'investissement (ancien bureau Arabe), la poste ou encore Bank Al Maghrib, ont au dessus de leurs fonctions institutionnelles, un pesant historique que beaucoup de Jdidis ignoraient jusque là. Des endroits où les mazaganais construisaient la vie de la cité, tel que la place Hansali ou encore l'hôtel de France, sont devenus dans le temps des endroits dessués, au profit des centres commerciaux de la ville, et la jeunesse qui faisait la vie de ces endroits, les a déserté, sans pour autant trouver mieux. L'immeuble Cohen, une grande bâtisse familiale juive, offre un regard sur ce qui représentait les grandes familles jdidies, une bourgeoisie qui a façonné la ville et qui en a fait le joyau dont il ne reste malheureusement que des monuments, qui ombragent les trottoirs d'une ville qui péniblement essaie de survivre aux rafales du temps.

Un évènement citoyen pour les citoyens

Malgré un appui institutionnel "logique", l'essence de cet évènement, non moins festif que les grands Festivals de la place, ont permit de redonner de la valeur culturelle à une ville qui en manque de plus en plus. En dépit de la grande valeur pédagogique et la mission citoyenne, cet événement s'est montré peu couteux et très rétribuer en terme d'émotion. Des déclarations même des organisateurs, cet événement anodin, puisque le publique jdidi a toujours été répondant aux conférences sur ce type de thématiques. De plus l'appel à bénévolat pour la formation de guide, a rencontré un succès notable, formant plus de 26 guides au secret de la médiation et du partage de connaissances.

 

 

Auteur : Mohamed Ennair

Eljadida.com

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SAM 11/04/2013 12:16


http://www.dafina.net/gazette/video/les-plus-belles-juives-marocaines

sam 11/04/2013 12:10


Les Mellahs marocains



ARTICLE | VEN, 05/04/2013 - 21:08





 




Les Mellahs marocains


 


On trouve dans les principales villes marocaines, un quartier du Mellah. Il désigne spécifiquement le quartier où habitaient les résidents juifs de la ville. Il est généralement entouré de
hauts murs afin de bien séparer populations musulmane et juive. Nous retraçons l 9;histoire des Mellahs marocaines.


Comme chaque cité marocaine d’importance, Marrakech a un « Mellah ». Ce nom désigne le quartier où habitaient les résidents juifs de la ville. De hauts murs entourent celui-ci afin de bien
séparer populations musulmane et juive… La première expérience de démarcation des deux religions remonte à la dernière décennie du IX ème siècle, sous le règne du roi Idriss II. Ce dernier
appréciait le savoir-faire des artisans juifs et les invita par centaines dans sa capitale naissante, Fès. Les immigrants vinrent de toute la diaspora : d’Egypte, de Perse, de Babylonie,
d’Espagne, etc. Fès devint le centre juif par excellence du Maroc, et l'un des centres de culture juive de premier plan. Afin de sécuriser la population juive le roi décida de la regrouper
dans un quartier clos, près de son palais. Il ordonna de ce fait la construction d’un mur enfermant un quartier de sa jeune cité.


La présence d’une communauté juive au Maroc reste toutefois antérieure à l‘islamisation (fin du VII ème siècle). Le judaïsme fut introduit par des Berbères nomades, convertis, et ce même
avant l‘ère chrétienne.


Une troisième vague va grossir la communauté : de nombreux juifs furent parmi les réfugiés qui s’installèrent au Maroc suite à leur expulsion d’Espagne dès 1392. L’ultime expulsion a lieu
en 1492 avec la fin de la Reconquiesta chrétienne. Les Mellahs vont donc réellement se développer à partir du XV ème siècle. Le premier
quartier juif formellement connu sous ce nom fut établi en 1438, à Fès. Le but de la construction de ce quartier était à nouveau de protéger la minorité juive des exactions courantes.


Les Mellahs sont généralement réalisés sur la base d’un plan quadrilatère, avec quelques grands axes d’où partent de part et d’autres de nombreuses ruelles parallèles entre elles. C’est
notamment le cas des Mellahs de Marrakech, Rabat, Tétouan ou Meknès. De ce fait les habitations y sont fort exiguës. Les conditions de vie, déjà très rudes lors de l‘établissement des
quartiers, empirèrent avec l’augmentation de la population. Peu à peu les Mellahs devinrent surpeuplés. Un phénomène exacerbé par le fait que de nombreux Juifs, peu appréciés des Musulmans,
n’osaient pas s’aventurer hors des murs d’enceintes du quartier. Dans cette vaste prison, hormis quelques commerçants qui réussissaient à s’enrichir, la pauvreté régnait. Lors de son
exploration du Maroc entre 1884 et 1992, l’archéologue et géographe Henri de La Martinière nous laissa le témoignage suivant de la vie dans un Mellah à l’époque : « Il y flottait de nauséeux relents issus d'une malpropreté invétérée. Les malheureux habitants offraient de nombreux stigmates de dégénérescence et de cruelles
maladies» … « De notre époque, les juifs étaient obligés de marcher pied nus, dès qu'il sortaient de leur quartier. On les voyait enlever
leurs babouches noires par distinctions de celles des musulmans qui seuls avaient le privilège de les p orter jaunes... ».


La venue des Européens au Maroc donna progressivement à la communauté juive de nouvelles possibilités économiques et sociales en dehors du Mellah. Depuis l’indépendance du Maroc, les
juifsmarocains se sont toutefois massivement expatriés. La communauté juive marocaine compte
désormais moins de 6000 personnes, alors que lors du recensement de 1948 elle comptait 260 000 membres. Les Mellahs sont donc désormais essentiellement peuplés par des marocains de la
classe populaire.


D’où vient le mot Mellah?


Selon André Chouraqui, le mot Mellah « entre dans une lettre judéo arabe, datée de 1541 » et qui signifie: « lieu ou les Juifs vivaient
». La lettre marque la première apparition connue du mot « Mellah » avec une signification autre que sa désignation première : Sel. En arabe, le mot « Sel » se dit en effet « Mellah ». On
estime généralement que ce nom vient de la localisation historique du quartier juif de Fès. Il fut en effet fondé dans une zone où s’effectuait le commerce du sel. Le nom de Mellah
viendrait donc de cette caractéristique particulière, et fut reprise pour désigner les autres quartiers juifs alors en construction dans les autres villes. Pour l’anecdote, nous vous
livrons une autre explication qui est populaire parmi les membres de la génération née entre les deux guerres mais qui semble historiquement fumeuse. « Quand les guerriers musulmans revenaient d’une bataille, ils ramenaient comme trophées les têtes coupées de leurs ennemis. Une tache qui était imposée aux juifs
était de saler les têtes pour les conserver empalés, » nous a-t-on ainsi compté.




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